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Ali Bongo Ondimba a-t-il vraiment payé la presse pour s’éviter toute critique ?

Par Kongossanews

Par Stive Roméo Makanga

Deux jours d’intenses débats devant la Cour criminelle spéciale. Accusé de détournement de fonds publics et blanchiment de capitaux, Ike Ngouoni, l’ancien porte-parole de la Communication présidentielle, collaborateur direct d’Ali Bongo Ondimba (2017-2019), a déballé sa part de vérité face aux accusations du ministère public.

L’ancien patron de la Communication présidentielle a dit avoir engagé des paiements au profit de journaux abusivement taxés d’opposition. Une information reprise à profusion par l’éphémère petite galaxie de sites évanescents, à la plume amorphe et balbutiante, de Jessye Ella Ekogha, actuel homme fort (juste pour rire) du Palais du Bord de mer, que les hurluberlu et autres corvéables ne se gênent plus de présenter comme le “génie de la communication”. Quelle effroyable usurpation !

Ike Ngouoni a peut-être évoqué un deal. Cependant, il s’est agi, selon toutes confidences, d’un accord passé par l’ancien directeur de Cabinet de la présidence de la République, Brice Laccruche Alihanga (BLA), et plus d’une cinquantaine de médias privés gabonais.

Dans le fond, le projet, fignolé par certains professionnels de la Communication, visait à rendre plus audibles les activités de la présidence de la République, la redynamisation de la Communication présidentielle, jugée obsolète et amorphe, ainsi que la démultiplication de l’information institutionnelle.

Primature, assemblée nationale, sénat, ministères : toutes les activités de ces institutions devaient être traitées avec grand soin, à l’effet d’informer au mieux les populations.

Un nouveau schéma de communication validé par Brice Laccruche Alihanga (BLA), et avec lequel certains médias référentiels avaient été en parfaite adéquation.

“Bien avant, nous traitions ces activités sans recevoir le moindre sous, alors qu’il s’agit de communication. La Direction de la communication présidentielle (DCP) envoie à nos Rédactions des communiqués à publier. Et c’est tout le temps comme ça. Et jamais nous n’avions perçu le moindre francs. L’équipe de BLA avait trouvé que c’était injuste, et qu’il fallait nécessairement être payé pour cela”, révèle un patron de presse, qui a souhaité garder l’anonymat.

“Il s’agissait d’un contrat et notre client était la présidence de la République, qui avait estimé que nous devions être payé pour ce travail accompli. Ce n’était pas du bénévolat, ou un deal occulte pour ne pas attaquer le chef de l’État et sa famille. D’ailleurs nombreux parmi nous ont souvent été sanctionnés par la Haute autorité de la Communication (HAC). C’est absolument absurde”, poursuit-il.

Les médias privés injustement accusés aujourd’hui d’avoir été “payés” pour ne pas s’attaquer au chef de l’État et à sa famille, et même à Brice Laccruche Alihanga (BLA), son directeur de Cabinet, ont souvent été pour la plupart très durement sanctionnés par la HAC.

De quoi parle-t-on ?

DE L’EXALTATION DES CORVÉABLES DU PORTE-PAROLE DE LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

En alléguant que certains médias privés auraient conclu un accord occulte, un pacte de non agression par voie de presse avec la Communication présidentielle, c’est jeter l’opprobre, le discrédit absolu sur cette institution, garante de l’image du chef de l’État.
Pourtant, le souhait d’Ali Bongo Ondimba, pour autant qu’on le croit sincère, se résume au fait que la presse gabonaise doit agir en toute indépendance, sans pressions aucune du politique.

D’ailleurs, la dépénalisation du délit de presse en République gabonaise est la preuve, s’il nous en fallait encore une, de cette volonté que manifeste l’Exécutif gabonais.

Les petits canards du nouveau “maître” de la Communication présidentielle écornent donc par naïveté (ou plutôt par désinvolture), un peu plus chaque jour l’image du chef de l’État par des publications aussi sordides.

L’activisme bruyant aux relents nauséabondes dont ils sont si bien devenus les porte-étendard, est explicite de ce qu’est devenue la Communication présidentielle : un sanctuaire désacralisée par faute de maturité.

Mais on ne saurait dire que tout ceci n’était pas prévisible. La galaxie de Jessye Ella Ekogha, si on n’y prend garde, finira par tout détruire. C’est un peu comme avec les singes. Lorsqu’on les observe au loin (et sans rien faire) se voltiger sur les kapokiers aux abords d’un champs. Ils finissent au fil du temps par croire qu’ils ont carte blanche sur tout, y compris

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