Le retour du CF Mounana dans l’élite: la leçon se résilience du Président HPO
Longtemps considéré comme l’un des symboles de la réussite sportive gabonaise, le CF Mounana retrouve aujourd’hui sa place parmi l’élite nationale après une relégation qui aurait pu sonner le glas de son histoire. Derrière ce retour se dessine le parcours singulier de son président fondateur, Hervé Patrick Opiangah, dont la capacité à surmonter les épreuves, à préserver son héritage et à maintenir vivante l’ambition de son club force le respect. À travers ce témoignage personnel, le journaliste Pablo Moussodji Ngoma revient sur l’itinéraire d’un dirigeant atypique et sur la démonstration de résilience qu’incarne le retour du CF Mounana au plus haut niveau du football gabonais.
Descendre et remonter aussitôt n’est pas une sinécure.
Il faut sans doute l’ombre de celui qu’on appelle affectueusement HPO pour réussir un tel pari dans un contexte pas du tout reluisant.
Au moment de pondre ces lignes, je ressens une sorte de fierté partagée de la réussite d’un jeune dont le leadership est historiquement associé à la réussite de plusieurs familles dans les domaines aussi variés que le football. J’aime bien rappeler la notion de responsabilité chez Saint-Expery « applaudir l’autre là où on a échoué ».
Avec mon statut de président de club, je saisis mieux l’importance du moment et toute la charge émotionnelle qui en découle. On ne peut pas refaire l’histoire. Mais la sienne, on peut facilement la raconter librement aux nouvelles générations.
Dans le football, elle s’est construite avec nous et devant nous.Ce témoignage est le fruit d’une proximité parfaitement assumée avec celui qui n’a jamais rien lâché. Celui qui est l’exemple même de la résilience. Autodidacte assumé, il a construit sa propre image dans plusieurs domaines. Du karatéka au footballeur en passant par l’entraîneur, HPO incarne la rigueur et la détermination.
En même temps, le contexte marqué par une animosité parfois injustifiée donne plus de force à toute épreuve qui aurait pu passer inaperçue. Ma sortie va peut-être surprendre ceux qui n’ont pas les stigmates de notre belle histoire dans le football. Il faut sans doute rappeler que j’ai côtoyé pour la première fois en tant que reporter, un stade africain avec OPIANGAH comme Président de Ndzimba le 14 mars 98 dans le bouillant kumasi stadium en coupe de la CAF. Je fus très jeune reporter francophone noyé dans les 80.000 spectateurs en rouge et blanc pour cette chaude explication contre la mythique Ashanti kotoko locale.
La suite est connue, un carton rouge au capitaine Ndomba Pierre à moins de l’heure de jeu et une défaite 0-2. HPO prenait là le rendez-vous avec l’histoire des grands dirigeants dans le football africain. Bref, le CF Mounana naîtra quelques années plus tard avec l’une des académies les mieux loties en termes des joueurs formés.
Son histoire doit constituer une boussole d’une vie mouvementée par des périodes troubles. Mais, l’homme a souvent tiré son épingle du jeu. Je prends la responsabilité de contextualiser pour cerner le prétexte de cette sortie de façon factuelle.
Son club, le CF Mounana qui a connu la phase des poules de la CAF il y’a quelques années répare en élite, pourtant il était forcément associé à ses ennuis. Certains y voyaient la chute de tout un patrimoine.
Une sorte de seconde mort programmée.
Mais c’était mal connaître HPO qui sait contourner un conflit de calendrier pour trouver quelques minutes et conclure un transfert pour l’exhumation d’un CF Mounana sous assistance respiratoire.
Des moments de doutes et d’incertitudes il y’en a eu. Ils vont aussi lever le voile sur l’opportunisme de ses pseudo fidèles qui ont pris le large à la moindre difficulté, avides de toute notion de loyauté.Preuve que l’imposture a ses limites. Mais l’homme est sans doute façonné pour traverser des périodes qui finiront par nettoyer involontairement sa cour.
En réalité, HPO est un très grand adepte de cette notion de Liberté au sens Sartrien. L’homme sera ce qu’il aura voulu être.Un homme entier et libre capable de changer son destin, très travailleur et d’une générosité inqualifiable.
Plein des faits pour soutenir sa détermination même dans le football. Le souvenir de cette préparation physique, il y a deux décennies derrière, sous les ordres de Williams pour se transformer en buteur au FC 105 dans ce même national foot au stade Omnisport Président Bongo, alors qu’il était un vestige du milieu karatéka. Il a défié les footballeurs eux-mêmes au point de grignoter du temps de jeu en pointe et marquer les buts. Les Aigles de Belinga en savent quelque chose.
Viendra s’ajouter sa posture de dirigeant atypique, présent sur le banc de touche, influent dans les choix tactiques à l’école du défunt Louis Nicollin de Montpellier, en fera un président pas comme les autres.
Le football avait sans doute besoin de ces personnages aux élans iconoclastes dont la légitimité reposait en grande partie sur la passion et le chéquier.
Les techniciens, noyés par la notoriété de l’homme, contenaient intérieurement leurs frustrations en rangeant leurs égos. « Sa présence ne me gêne pas » murmurait Kévin Ibinga comme s’il avait le choix.
Le temps passe et la sagesse s’installe. HPO finira par rejoindre les tribunes et perpétuer ce qu’il a de plus cher le CF Mounana. Le nom du lieu de ses ancêtres qui s’est fait un trou dans la galaxie du football gabonais.
Un soir à Idriss Ngari, il n’a pas que sauvé une saison, il a infligé une leçon de leadership à la jeune formation d’african stars united (3-0), pour atteindre les 24 points infranchissables. Là où Missiles fc peine à rebondir le CFM a fait un bref séjour.
28 ans après, Pierre Ndomba, l’un des fidèles du président fondateur, sur le banc des Mounanais, vient de se faire pardonner du rouge de kumasi.
Le temps finit par remettre chacun à sa place.Le CFM revient en élite dans une opération de fierté qui a obligé son fondateur à démontrer s’il en était besoin, tout l’amour et tout le respect de l’histoire de ce club.
Pablo MOUSSODJI NGOMA
Journaliste



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