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Gabon / NewSpace Africa 2026 : Libreville au cœur de la souveraineté spatiale africaine

Par Cadette Ondo Eyi

Du 20 au 23 avril 2026, le stade de l’Amitié sino-gabonaise d’Angondjé servira de cadre à la 5e édition de la conférence NewSpace Africa, consacrant une nouvelle fois le Gabon comme un acteur stratégique du développement spatial sur le continent. Placée sous le thème « Croissance inclusive : élargir les bénéfices de l’espace à tous les Africains », cette rencontre d’envergure réunira décideurs publics, experts, chercheurs et partenaires internationaux autour des enjeux de gouvernance, d’innovation et de coopération dans le secteur spatial.

Représentant le ministre de l’Économie numérique empêché, la ministre de la Fonction publique assurant l’intérim, Laurence Mengue me Nzoghe épouse Ndong, a porté un message ferme en faveur de la souveraineté technologique. Au nom du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, elle a souhaité la bienvenue aux participants, soulignant que le Gabon s’inscrit désormais dans une dynamique de transformation profonde, fondée sur l’innovation, la maîtrise des données et la modernisation de l’action publique.

une vue de la remise des prix aux jeunes professionnels africains du secteur spatial

Dans un discours structurant, la ministre a insisté sur le rôle désormais central du spatial dans les politiques publiques contemporaines. « Le spatial n’est plus un luxe technologique, mais un instrument de puissance publique », a-t-elle affirmé, rappelant la contribution déterminante de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos) dans la surveillance du territoire, la gestion des ressources naturelles et l’anticipation des risques. Elle a également annoncé la finalisation imminente de la stratégie spatiale nationale, marquant le passage d’une logique opportuniste à une planification structurée, tournée vers la souveraineté.

Au-delà des ambitions nationales, le discours a pris une dimension continentale, appelant à une coopération « lucide, équilibrée et mutuellement bénéfique ». Dans un ton sans équivoque, le Gabon a rappelé que l’Afrique ne saurait être un simple terrain d’expérimentation pour des technologies conçues ailleurs, mais doit s’imposer comme un partenaire actif dans la gouvernance mondiale du spatial.

Prenant la parole à son tour, le directeur général de l’Agence spatiale africaine, le Dr Tidiane Ouattara, a salué le leadership du chef de l’État gabonais et l’engagement du pays dans la digitalisation. Revenant sur les avancées du continent, il a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de s’impliquer pleinement dans les quatre segments du spatial, des infrastructures aux services, en passant par les opérations en orbite.

Dans une perspective résolument pragmatique, il a mis en avant l’impact direct des technologies spatiales sur les télécommunications, notamment pour la couverture des zones blanches grâce aux satellites. « Si nous ne saisissons pas cette opportunité, d’autres le feront à notre place », a-t-il averti, appelant à une mobilisation collective et à une coopération renforcée entre États, secteur privé et monde académique.

Le responsable continental a par ailleurs annoncé le lancement d’une nouvelle plateforme dédiée au secteur privé, « Africa Space Expo », prévue à Abidjan en septembre 2026, destinée à promouvoir les produits et services spatiaux africains.

vue des participants

Clôturant cette séquence d’interventions, le directeur général de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos), le Dr Mambimba Aboubakar Ndjoungui, a mis en exergue les avancées concrètes du Gabon dans le domaine spatial. Il a notamment évoqué la mise en place d’un système national d’observation basé sur des données satellitaires, permettant de surveiller les forêts, anticiper les catastrophes naturelles et suivre l’évolution environnementale.

Fort de 16 années d’expérience, l’Ageos s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable, tant au niveau régional qu’international, contribuant activement aux réflexions sur l’intelligence artificielle spatiale, la gestion des fréquences et les opérations de lancement.

À travers cette conférence, le Gabon confirme son ambition de devenir un pôle stratégique du spatial en Afrique centrale, tout en s’inscrivant dans les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Plus qu’un simple rendez-vous scientifique, NewSpace Africa 2026 sera le théâtre d’une affirmation politique forte : celle d’un continent déterminé à prendre en main son destin technologique et à inscrire le spatial au cœur de son développement durable et inclusif.

 

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