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« La liberté d’expression n’est pas la liberté d’injurier » : dixit Jeff Gaël Apanga après les insanités de « Lanlaire » contre Oligui Nguema et sa famille

Par Stive Roméo Makanga

L’acteur politique Jeff Gaël R. Apanga a annoncé son intention d’engager des démarches auprès des autorités judiciaires gabonaises à la suite des propos d’Ange Landry Beng, plus connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Kiki Lanlair ». Visant le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que certains membres de sa famille, ces propos sont fermement condamnés par l’acteur politique, qui entend toutefois laisser à la justice le soin d’en établir l’authenticité et d’apprécier leur éventuelle qualification juridique.

« La liberté d’expression n’est pas la liberté d’injurier. » C’est autour de cette formule que Jeff Gaël R. Apanga a construit sa déclaration à la presse dont nous avons obtenu copie. Pour l’acteur politique, la vigueur du débat démocratique ne saurait constituer un blanc-seing permettant de franchir les limites séparant la critique des idées de l’attaque personnelle.

Ainsi, tout en reconnaissant explicitement le droit de contester l’action du chef de l’État et de son gouvernement, il estime nécessaire de préserver la distinction entre opposition politique et atteinte à la dignité des personnes.

« Dans une démocratie, le président de la République peut être critiqué. Son gouvernement peut être critiqué. Ses décisions peuvent être contestées. Sa politique peut faire l’objet du débat le plus vigoureux », soutient-il. Toutefois, poursuit-il en substance, cette liberté ne saurait s’étendre aux injures ou aux attaques dirigées contre les proches d’un responsable public au seul motif de leur lien familial avec celui-ci.

Une frontière qu’il juge indispensable au fonctionnement d’un espace public démocratique. « La démocratie n’est pas l’anarchie verbale. La liberté d’expression n’est pas la liberté d’humilier. La critique politique n’est pas l’injure », martèle-t-il.

À l’origine de cette prise de position figurent des publications circulant sur les réseaux sociaux et attribuées à Ange Landry Beng. Jeff Gaël R. Apanga prend néanmoins soin d’introduire une réserve importante : l’authenticité de ces contenus et les circonstances exactes de leur diffusion doivent encore, pour lui, être établies par les autorités compétentes.

C’est précisément sur ce terrain qu’il entend placer son action. Plutôt qu’une riposte politique ou personnelle, l’acteur politique annonce avoir décidé « d’engager les diligences nécessaires » en vue de saisir les juridictions et autorités compétentes.

L’objectif affiché est de transmettre les éléments numériques dont il dispose afin qu’ils puissent être examinés et, le cas échéant, donner lieu aux qualifications juridiques que la justice estimera appropriées.

« Nous ne répondrons pas à l’injure par l’injure. Nous répondrons par le droit », affirme-t-il, rejetant parallèlement toute logique de représailles, de menaces ou de règlement de comptes.

Cette précaution est d’autant plus importante que, pour l’heure, les faits évoqués dans sa déclaration restent des allégations. Jeff Gaël R. Apanga lui-même rappelle qu’il appartiendra exclusivement aux autorités judiciaires d’en vérifier la matérialité et de déterminer d’éventuelles responsabilités.

Au-delà du cas particulier de « Kiki Lanlair », l’acteur politique entend poser la question plus générale des limites de la liberté d’expression à l’ère des réseaux sociaux. Il rappelle que le droit gabonais comporte des dispositions protégeant l’honneur et la considération des personnes, ainsi que des règles encadrant certaines publications numériques.

Pour Jeff Gaël R. Apanga, l’espace numérique ne saurait donc être considéré comme extérieur aux règles communes. Les contenus publiés ou diffusés en ligne peuvent, lorsqu’ils tombent sous le coup de la législation, engager la responsabilité de leurs auteurs dans les conditions prévues par les textes.

Dans sa déclaration, il invoque également le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Son raisonnement consiste à rappeler que la protection de la liberté d’expression peut coexister avec des obligations liées notamment au respect des droits et de la réputation d’autrui.

Il ne s’agit donc pas, insiste-t-il, d’ériger le président de la République en personnalité insusceptible de critique. Au contraire, Jeff Gaël R. Apanga reconnaît qu’une démocratie doit pouvoir accueillir « la contradiction, la satire, l’interpellation citoyenne et même la contestation ».

L’acteur politique cherche enfin à donner à sa démarche une portée dépassant la défense du chef de l’État. Pour lui, tolérer la dégradation du débat public au motif que les attaques concernent aujourd’hui une personnalité politique particulière créerait un précédent susceptible d’affecter demain n’importe quel autre citoyen.

« Aujourd’hui, c’est Brice Clotaire Oligui Nguema. Demain, ce pourrait être un ministre. Après-demain, un opposant. Puis un journaliste, un activiste, un responsable associatif ou n’importe quel citoyen gabonais », prévient-il.

D’où son appel adressé aussi bien à la majorité qu’à l’opposition, mais également aux journalistes, activistes, influenceurs et citoyens. Jeff Gaël R. Apanga les invite à « élever le débat public gabonais », en privilégiant la confrontation des idées plutôt que les attaques contre les personnes.

« Nous pouvons être adversaires sans devenir ennemis. Nous pouvons combattre des idées sans détruire des personnes », résume-t-il.

En choisissant d’annoncer une démarche judiciaire plutôt qu’une riposte sur les réseaux sociaux, Jeff Gaël R. Apanga entend ainsi déplacer la controverse du terrain politique vers celui du droit. Une procédure dont il appartiendra désormais aux autorités compétentes, si elles sont saisies, de déterminer les suites, dans le respect de la présomption d’innocence et des droits de chacune des parties.

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