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Cabale numérique contre le Dr Eddy Minang : quand la calomnie tente de réécrire l’Histoire

Par Stive Roméo Makanga

Il est un trait commun aux grandes affaires judiciaires : elles ne se terminent jamais vraiment dans les prétoires. Elles migrent, presque naturellement, vers ce nouveau tribunal où l’on juge avant d’instruire : les réseaux sociaux. Le procureur général près la cour d’appel de Libreville, le Dr Eddy Minang, en fait aujourd’hui l’amère expérience. Depuis la clôture du procès historique opposant l’État gabonais à Sylvia et Nourredin Bongo, une cabale organisée, savamment distillée en lignes anonymes et insinuations toxiques, s’acharne à salir son nom.

Pourtant, ce procès (le plus retentissant de l’histoire judiciaire récente) a mis à nu, chiffres à l’appui, une véritable machine de blanchiment, de prédation et de détournement, estimée à plus de 4 000 milliards de francs CFA. Un pillage méthodique, assumé, banalisé, où l’argent public semblait pouvoir être aspiré hors du Trésor par une simple volonté de l’épouse et du fils d’Ali Bongo Ondimba, jugé par contumace. Le pays entier en est resté médusé.

Ainsi donc, parce qu’il a eu l’audace (ou la simple intégrité) de qualifier ce système de « prédation » et de « pillage », et parce qu’il a osé requérir 20 ans de réclusion criminelle, confirmés par la cour, voilà que le procureur général devient, comme par enchantement, la nouvelle cible à abattre.

Car l’acharnement contre lui n’est pas le fruit du hasard : il est une riposte. Une manœuvre classique, presque mécanique, visant à renvoyer la respectabilité de l’accusateur aux orties pour mieux réhabiliter, par contraste, la respectabilité perdue des accusés.

Les attaques contre le Dr Eddy Minang reposent, en réalité, sur des allégations, et seulement des allégations au regard des preuves dont notre Rédaction a obtenu copie.
D’après leurs instigateurs, le haut magistrat aurait bénéficié de « largesses » du régime déchu d’Ali Bongo Ondimba, ce même régime qui traitait le Trésor comme une caisse familiale. Une accusation cocasse, pour ne pas dire grotesque, lorsqu’on la confronte aux faits.

Les documents publiés sur les réseaux sociaux, censés attester d’une compromission morale, portent sur… des titres de paiement du Trésor public ! Autrement dit, sur des rémunérations parfaitement réglementées, parfaitement justifiables, parfaitement traçables.

Le mythe des 25 millions

Ainsi, le fameux titre de 25 millions de francs CFA, perçu le 26 mai 2017, ne serait (quelle surprise) que l’enveloppe destinée à l’organisation de la session criminelle d’Oyem.
Faut-il rappeler aux nouveaux inquisiteurs numériques que :

– ces fonds servent à payer les per diem des magistrats,
– à paye les assesseurs,
– et à couvrir les honoraires des avocats commis d’office ?

Une vue du document

Il n’y a là ni scandale, ni mystère, ni enrichissement personnel, mais la simple gestion budgétaire d’une juridiction pénale. D’ailleurs, la même année, d’autres cours d’appel ont reçu leurs enveloppes : Franceville (40 millions), Port-Gentil (30 millions) pour ne citer que celles-là. Bizarrement, personne n’a trouvé matière à scandale dans ces décaissements.

L’affaire des 7 millions : encore un faux procès

Quant au paiement du 29 avril 2024, d’un montant de 7 millions de francs CFA, il relève des per diem du Dialogue national inclusif (DNI) et les documents l’attestent. Faut-il donc rappeler qu’il ne fut pas le seul bénéficiaire ? Collet Ozolo Rebouka, Jean Remy Yama et bien d’autres figures de la société civile de l’époque comme Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, ont perçu exactement la même somme pour la même participation. Idem pour Bernard Christian Rekoula (1 million 800 mille).

Ici encore, où serait le crime ? Où serait la faute morale ? À moins que l’on n’ait décidé, par pur opportunisme, de redéfinir l’éthique en fonction du nom de celui qui perçoit l’indemnité.

Vue du document

Qu’on ne s’y trompe pas : le but de ces attaques n’est pas d’informer, mais de nuire.
Elles cherchent, par insinuation, à déconsidérer un magistrat dont la rigueur a déplu à ceux qui auraient préféré que les crimes économiques restent enfouis sous des couches d’impunité.

Cette stratégie (vieille comme le pouvoir, mais rajeunie par les réseaux sociaux) vise à inverser les rôles : faire du procureur celui qui doit se justifier, et de ceux qu’il a confondus, ceux qui accusent. Une inversion audacieuse, mais qui ne résiste pas un instant à l’examen des faits.

Le Dr Eddy Minang n’a pas seulement exercé son métier : il a rappelé, avec une gravité salutaire, que l’argent public n’est pas une proie et que la République n’est pas une entreprise privée.
Il a dit ce que beaucoup savaient mais n’osaient plus prononcer.
Et c’est précisément pour cela qu’on lui en veut.

En définitive, les accusations lancées contre lui ne sont rien d’autre qu’une boue opportuniste, destinée à brouiller la lecture d’un procès qui, pour la première fois depuis longtemps, a mis des mots clairs sur le pillage d’un pays.

Qu’on le veuille ou non, cette cabale n’aura servi qu’à rappeler une vérité simple :
lorsqu’un magistrat dérange les puissants, c’est presque toujours parce qu’il fait correctement son travail.

Et en cela, le Dr Eddy Minang n’a pas perdu son honneur :
il l’a confirmé.

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