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International : la Banque de France renoue avec les bénéfices et affiche une solidité à toute épreuve

Par Stive Roméo Makanga

Dans un contexte économique mondial marqué par les incertitudes et les critiques récurrentes visant la situation financière française, la Banque de France affiche un net redressement en 2025. L’institution monétaire a annoncé un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros, effaçant de facto la perte significative de 7,7 milliards enregistrée en 2024, principalement liée à un environnement de taux directeurs élevés.

Cette performance, jugée remarquable au regard de la conjoncture internationale, repose sur plusieurs leviers stratégiques. En première ligne, une opération technique sur les réserves d’or. L’institution détenait notamment 129 tonnes d’or auprès de la Réserve fédérale américaine. Refusant de procéder à leur transformation sur le sol américain ou de les rapatrier à grands frais, elle a opté pour une vente suivie d’un rachat en Europe. Cette manœuvre, rendue particulièrement opportune par la flambée des cours de l’or, a généré à elle seule un gain comptable estimé à 11 milliards d’euros.

Par ailleurs, la baisse progressive des taux directeurs de la Banque centrale européenne en 2025 a contribué à améliorer sensiblement les résultats. Le taux de rémunération des dépôts bancaires est ainsi passé de 3 % en début d’année à 2 % à partir de juin, permettant à la Banque de France d’accroître significativement ses revenus monétaires.

Mais au-delà des chiffres, c’est surtout le message porté par le gouverneur, François Villeroy de Galhau, qui retient l’attention. Ce dernier a insisté sur la solidité financière de l’institution, en affirmant qu’avec une situation nette de 283 milliards d’euros (soit les ressources théoriquement mobilisables en cas de crise) la Banque de France est en mesure d’affronter « n’importe quel choc » à venir. Une déclaration forte, qui vise à rassurer tant les marchés que les partenaires économiques dans un climat globalement incertain.

Ces résultats constituent également un moment charnière pour l’institution. Ils marquent les derniers comptes annuels présentés par François Villeroy de Galhau, en poste depuis onze ans et dont le départ est annoncé pour juin prochain. Un bilan qui s’achève sur une note positive, et traduit à la fois la résilience et la capacité d’adaptation de la Banque de France face aux turbulences économiques récentes.

Dans un environnement international toujours fragile, cette embellie apparaît ainsi comme un signal encourageant, témoignant du rôle central des banques centrales dans la stabilisation des économies modernes.

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