« Le temps du ressaisissement a sonné » : le message fort du SYLAML au nouveau maire de Libreville
Par Jimmy Mandoukou
Ce vendredi 1er mai, la cour de l’hôtel de ville de Libreville a vibré au rythme de la Fête du travail, célébrée avec ferveur par les agents municipaux. En présence du maire Eugène MBA, des conseillers municipaux et de l’ensemble des responsables de la municipalité, cette édition 2026 a pris une résonance particulière, imprégnée de l’actualité syndicale et des récents soubresauts à la tête de l’institution.
Une vue de l’édile de Libreville
Fraîchement porté à la tête du Syndicat Libre des Agents de la Mairie de Libreville (SYLAML) à l’issue des élections professionnelles du 28 avril dernier, Joe-Fred MADOUTA n’a pas mâché ses mots. Dans un discours à la fois solennel et offensif, il a d’abord fait le lien entre la mémoire des luttes ouvrières et les défis immédiats de la commune. « Le 1er mai n’est pas une fête ordinaire. C’est une date chargée d’histoire, de luttes et de sacrifices », a-t-il rappelé, avant d’évoquer sans détour la crise de gouvernance qui a conduit au départ de l’ancien maire, écarté pour des raisons de « mauvaise gouvernance ».
Profitant de la tribune, le président du SYLAML a lancé un appel pressant aux nouveaux dirigeants. « Le temps du ressaisissement a sonné », a-t-il déclaré avec gravité, exigeant une administration « responsable, rigoureuse, transparente et orientée vers les résultats ». Joe-Fred MADOUTA a déploré que « trop souvent, ces situations fragilisent l’administration municipale, ralentissent les projets, installent l’incertitude et impactent directement les agents municipaux. Car derrière chaque crise institutionnelle, ce sont des familles qui s’inquiètent. » Son plaidoyer pour la stabilité administrative s’est doublé d’un engagement solennel : faire du SYLAML un « syndicat responsable, exigeant mais constructif », en phase avec le thème de l’année, « Unis pour une représentativité syndicale constructive au service du développement national ». Il a tendu la main à toutes les parties, appelant à « ouvrir une nouvelle page fondée sur le dialogue, la paix sociale et le progrès partagé ».
Lui répondant, le maire Eugène MBA a tenu un discours d’apaisement et de reconnaissance. Adressant ses « chaleureuses félicitations » aux agents qu’il considère comme de « vaillants travailleurs », il a salué leur « professionnalisme constant malgré la rusticité des moyens matériels et financiers ». Citant tour à tour Nelson Mandela — « Le travail est une arme puissante pour construire la dignité et le progrès des peuples » — et Louis Aragon, l’édile a martelé que la transformation de l’agent municipal par son savoir-être doit « impacter positivement la proactivité de l’écosystème municipal ».
Sur le front syndical, le maire s’est félicité de la forte mobilisation lors des élections professionnelles unifiées et de la réforme visant à fonder la représentativité sur la légitimité électorale. « L’heure n’est plus de faire face à un syndicalisme de confrontation, source de blocage et de retard de l’administration », a-t-il souligné, tout en promettant de ne « ménager aucun effort pour répondre avec efficacité, honnêteté et rigueur, dans la limite des moyens disponibles », aux légitimes attentes des agents. La cérémonie s’est achevée sur des remerciements appuyés au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour son action en faveur du progrès social. Un 1er mai qui, entre mise en garde et main tendue, esquisse les contours d’un nouveau contrat social à la mairie de Libreville.



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