Lutte contre la corruption : le Gabon se soumet à l’évaluation internationale de l’ONU du 29 juin au 1er juillet
Par Stive Roméo Makanga
Libreville accueillera, du 29 juin au 1er juillet 2026, une importante mission internationale consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre par le Gabon de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Organisée dans le cadre du deuxième cycle du mécanisme d’examen de cette convention, cette étape marque un moment déterminant pour le pays dans ses efforts visant à renforcer la transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre les pratiques corruptrices.
Conduite sous l’égide de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), cette visite-pays réunira à Libreville des experts internationaux venus du Tchad et de la Libye, deux États désignés pour examiner les mécanismes gabonais de prévention de la corruption et de recouvrement des avoirs issus d’activités illicites. Les travaux se dérouleront à l’Hôtel Boulevard et associeront l’ensemble des administrations et institutions nationales concernées.
Cette mission intervient après la transmission par le Gabon de sa liste de contrôle d’auto-évaluation aux États examinateurs ainsi qu’aux experts de l’ONUDC. Elle constitue la phase dite de « dialogue direct », au cours de laquelle les examinateurs pourront apprécier, au-delà des textes, la réalité de l’application des dispositifs nationaux de prévention de la corruption et de récupération des avoirs détournés.
Le mécanisme d’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption poursuit plusieurs objectifs. Il vise notamment à identifier les bonnes pratiques développées par les États parties, à relever les difficultés rencontrées dans l’application des dispositions conventionnelles, à évaluer les besoins en assistance technique et à formuler des recommandations destinées à améliorer les politiques publiques de lutte contre la corruption. Chaque évaluation débouche sur un rapport détaillé ainsi qu’un résumé analytique publié par l’ONUDC.
Pour ce deuxième cycle, l’accent est mis sur deux piliers essentiels de la Convention : les mesures préventives et le recouvrement des avoirs. Les discussions porteront ainsi sur l’efficacité des politiques de prévention, le fonctionnement des institutions de contrôle, les mécanismes de transparence dans la gestion publique, les déclarations de patrimoine, la passation des marchés publics ainsi que les dispositifs destinés à identifier, saisir, confisquer et restituer les avoirs issus de la corruption.
Durant trois jours, les experts internationaux échangeront avec de nombreux acteurs institutionnels, parmi lesquels la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), dirigée par Nestor Mbou, les ministères de la Justice, de l’Économie, de l’Intérieur et de la Fonction publique, les juridictions nationales, le Parlement, les organes de contrôle, les institutions financières, ainsi que les représentants du secteur privé et de la société civile. Une session spécifique à huis clos est d’ailleurs prévue avec les organisations de la société civile afin de recueillir leur appréciation de la situation nationale.
La coordination générale de cet exercice est assurée par la CNLCEI. Le point focal national désigné auprès de l’ONUDC est Séraphin Ondoumba, commissaire-membre de l’institution, chargé du suivi technique de l’ensemble du processus. Les autorités gabonaises considèrent cette évaluation comme une opportunité de renforcer davantage les mécanismes nationaux de gouvernance et de consolider la crédibilité du pays auprès de ses partenaires internationaux.
Au-delà de son caractère technique, cette visite constitue un test grandeur nature pour les réformes engagées par le Gabon en matière de transparence publique. Les conclusions des experts devraient permettre d’identifier les avancées réalisées, mais également les insuffisances à corriger afin de rapprocher davantage le dispositif national des standards internationaux définis par la Convention des Nations Unies contre la corruption.
Pour les autorités gabonaises, les bénéfices attendus sont multiples : amélioration du cadre juridique, renforcement de la coordination entre institutions, partage d’expériences avec d’autres États, développement des capacités techniques des administrations et consolidation de la coopération internationale. Autant d’enjeux qui confèrent à cette mission une portée stratégique dans la construction d’une gouvernance plus transparente et plus efficace.



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