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Oligui Nguema à France 24 : « C’est la France elle-même qui a demandé à se retirer du Camp de Gaulle »

Par Stive Roméo Makanga 

À quelques semaines d’une visite d’État annoncée à Paris, le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a tenu à dissiper les spéculations entourant les relations entre Libreville et Paris. Dans un entretien accordé à France 24, le chef de l’État a affirmé que le retrait des forces françaises du Camp de Gaulle ne résulte nullement d’une crise diplomatique entre les deux pays, mais d’une décision initiée par la France elle-même.

Depuis plusieurs mois, le départ progressif des militaires français du Gabon alimente de nombreux commentaires dans l’opinion publique. Certains observateurs y ont vu la conséquence d’un refroidissement des relations entre les deux États, dans un contexte où plusieurs pays africains ont récemment demandé le départ des forces françaises stationnées sur leur territoire.

Brice Clotaire Oligui Nguema a cependant rejeté cette interprétation. Selon lui, la décision de quitter le Camp de Gaulle a été prise à l’initiative de Paris dans le cadre de la réorganisation de son dispositif militaire en Afrique. « C’est la France elle-même qui a demandé de se retirer du Camp de Gaulle. Nous ne les avons pas chassés comme ailleurs », a-t-il déclaré lors de cet entretien, en référence aux coups de force anti-français observés au Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad, Sénégal)..

Le président gabonais a ainsi voulu souligner le caractère concerté de cette évolution, insistant sur le fait qu’aucune rupture n’est intervenue entre Libreville et Paris. Au contraire, il a décrit des relations bilatérales sereines et constructives, à rebours des tensions observées dans certaines capitales africaines ces dernières années.

Au-delà de la question militaire, cette rétrocession du Camp de Gaulle s’inscrit dans une nouvelle vision stratégique portée par les autorités gabonaises. Les infrastructures anciennement occupées par les forces françaises ont déjà commencé à être réaffectées à des projets nationaux de formation et de renforcement des capacités des forces de défense gabonaises.

C’est dans cette perspective qu’ont été créées l’École d’administration des forces de défense de Libreville (EAFDL) ainsi que l’Académie de Protection de l’Environnement et des Ressources Naturelles (APERN). Ces structures ont vocation à former aussi bien des militaires que des civils aux nouveaux enjeux sécuritaires et environnementaux auxquels le Gabon est confronté.

Le chef de l’État a également indiqué que le site changera prochainement d’identité symbolique. Le nom du général Charles de Gaulle devrait disparaître au profit d’une appellation davantage ancrée dans l’histoire et les références nationales gabonaises. Une décision qui s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de renforcer les marqueurs de souveraineté tout en préservant les partenariats historiques du pays.

Cette clarification intervient alors que Brice Clotaire Oligui Nguema prépare une visite officielle en France prévue aux alentours du 20 juillet prochain. Ce déplacement devrait permettre aux deux pays de réaffirmer les contours d’une coopération appelée à évoluer, notamment dans les domaines de la défense, de l’économie et de la formation.

À travers cette prise de parole, le président gabonais cherche manifestement à réaffirmer une ligne diplomatique fondée sur l’équilibre : préserver les relations historiques avec la France tout en consolidant l’autonomie stratégique du Gabon. Une approche qui traduit la volonté des nouvelles autorités de conjuguer souveraineté nationale et partenariat international dans un contexte géopolitique africain en pleine recomposition.

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