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Présidentielle 2023: imbibé d’arrogance, Bertrand Zibi Abeghe, candidat du pouvoir, tombe le masque

Par Kongossanews

Par Stive Roméo Makanga

Sitôt sorti de derrière les barreaux, Bertrand Zibi Abeghe, qui a longtemps (et avec beaucoup de subtilité) vendu son image comme celle du rédempteur tant attendu, croit être celui pour qui battrait “le coeur du peuple gabonais”, et qu’en vertu de cette évidence imaginaire, “tout le monde devrait naturellement se ranger derrière” lui au cours de la présidentielle imminente. Quelle impudence !

Tonitruant et un brin troubadour depuis sa sortie des geôles, l’ancien pensionnaire de la prison centrale de Libreville a officialisé le mercredi 5 avril son ambition de briguer un mandat présidentiel en août prochain. Une annonce qui, loin de surprendre, justifie au contraire cette maxime si populaire qui veut qu’il n’y aient que les fantômes qui ne sachent pas jouer à cache-cache.

Pour sûr, Bertrand Zibi Abeghe est un “ditengou” démasqué depuis les premières lueurs de l’aurore. À l’heure où, ainsi que le précise Hugo, “blanchit la campagne”.

Il aurait pourtant pu, pour être crédible, mener des réflexions pour peser dans le débat public, tout en rejoignant les rangs de ceux qui tentent, nonobstant les écueils, d’impulser une dynamique qui aboutisse à l’alternance, à la reconstruction du Gabon. Que nenni !

Au lieu de cela, l’ancien député originaire de Minvoul a cru bon de s’offrir une virginité, en tentant désespérément de surfer sur le : “J’ai été torturé dans ma chair”, clin d’œil à sa longue détention (6 ans) à “Sans familles”.

Qu’est-ce que sa mauvaise expérience du milieu carcéral peut bien faire au gabonais lambda ? À l’évidence, il ne semble pas s’y être interrogé.

LE CHEVAL DE TROIE

Si Bertrand Zibi Abeghe croit pouvoir rouler dans la farine les populations avec des discours aussi tarabiscotés que ceux servis sur les médias internationaux ces derniers mois, il se trompe lourdement. Il ne suffit pas d’avoir fait la prison comme Nelson Mandela ou d’avoir été très proche de Jean Ping pour croire qu’on puisse aussi facilement s’attirer la sympathie des gabonais. C’est les croire profondément sots.

Enfonçant le clou, l’ancien repris de justice assène dans une interview à Radio France Internationale (RFI) : “Je serais volontiers prêt à me mettre derrière quelqu’un, mais il va falloir que nous taisons nos égos et que nous suivions où bat le cœur du peuple gabonais”, avant de renchérir : “tout le monde devrait naturellement se ranger derrière moi”.

Par ces seules assertions, pas besoin de tergiverser pour reconnaître que la personne à l’ego surdimensionné c’est bien Bertrand Zibi Abeghe. Et s’il est assez édifié sur son incapacité à remporter une élection présidentielle, l’ancien député du Parti Démocratique Gabonais (PDG) sait néanmoins que sa candidature participe de la volonté de ses “maîtres” de torpiller les efforts de rassemblement que tente d’initier la vraie Opposition.

Diviser, disperser les voix dans un contexte de scrutin à un tour, tel est le rôle abject que devra jouer Bertrand Zibi Abeghe.

Mais c’est sans compter sur l’extrême lucidité des gabonais, qui ont d’avance tout compris à son jeu. Heureusement.

*Ditengou : fantôme, en langue yipunu du Gabon.


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