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UNESCO : le Gabon plaide pour une réforme inclusive et une éducation au service de la paix

Par Cadette Ondo Eyi

À l’occasion de la 224e session du Conseil exécutif de l’UNESCO, la ministre d’État gabonaise en charge de l’Éducation nationale et présidente de la Commission nationale pour l’UNESCO, Camélia Ntoutoume-Leclercq, a porté la voix du Gabon lors du débat de politique générale. Un plaidoyer structuré autour de la réforme de l’institution, de la justice internationale et des priorités africaines.

Dès l’entame de son allocution, la représentante du Gabon a réaffirmé le soutien de son pays au directeur général de l’organisation, en saluant son action face aux défis contemporains. Dans un contexte mondial marqué par l’aggravation des inégalités et les fragilités du multilatéralisme, elle a insisté sur le rôle fondamental de l’UNESCO comme pilier de la paix à travers l’éducation, la science et la culture.

Au cœur de son intervention, l’initiative « UNESCO 80 » a été présentée comme une opportunité historique de transformation. Si le Gabon soutient pleinement cette dynamique de réforme, Camélia Ntoutoume-Leclercq a mis en garde contre toute rationalisation qui se ferait au détriment des pays africains et des petits États insulaires en développement. Elle a appelé à une représentation géographique plus équitable au sein du personnel de l’organisation, condition essentielle selon elle pour garantir son universalité.

Sur le plan interne, la ministre a mis en avant les avancées impulsées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Elle a notamment évoqué le Plan sectoriel de l’éducation intérimaire (PSEI) et le projet de renforcement des capacités pour l’employabilité des jeunes (RCEJAPS), deux programmes structurants visant à améliorer la qualité de l’éducation et la protection sociale au Gabon.

La diplomatie culturelle gabonaise a également été mise en lumière avec l’inscription du Mvett au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en décembre 2025. Une reconnaissance saluée comme une victoire collective pour l’Afrique centrale et un levier de valorisation des identités culturelles.

Sur le plan environnemental, le Gabon, fort de ses 88 % de couvert forestier, a sollicité l’appui technique de l’UNESCO pour relancer sa participation au programme « Man and the Biosphere ». Une démarche visant à repositionner le pays dans le réseau mondial des réserves de biosphère.

Par ailleurs, l’intelligence artificielle a été identifiée comme un enjeu majeur de souveraineté. Le Gabon entend, avec l’appui de l’organisation, bâtir une stratégie nationale axée sur l’éthique, afin de garantir que l’innovation technologique serve le bien commun.

L’intervention a également mis en avant les initiatives en matière d’inclusion, notamment à travers le programme « Fit for Life » qui intègre désormais le handisport dans les jeux scolaires, ainsi que le programme MOST dédié à l’économie sociale et solidaire.

Enfin, la ministre a insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation à la paix, rappelant que celle-ci « ne se décrète pas, mais s’apprend ». Dans cette optique, le Gabon déploie déjà plusieurs initiatives, dont le projet « École ZEN », des concours éducatifs et un guide de prévention des violences en milieu scolaire.

Clôturant son discours, Camélia Ntoutoume-Leclercq a réaffirmé l’attachement du Gabon aux idéaux fondateurs de l’UNESCO : bâtir la paix dans l’esprit des hommes. Un message d’unité et d’engagement, lancé dans un contexte international en quête de repères.

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