Charles Mba : du redressement des finances publiques à la valorisation des actifs stratégiques du Gabon
Par Stive Roméo Makanga
Nommé président du conseil d’administration du Fonds gabonais d’investissements stratégiques, Charles Mba apporte au FGIS une expertise rare, des résultats prouvés et une vision tournée vers les générations futures.
Le Gabon vient de confier l’une de ses institutions économiques les plus stratégiques à une figure reconnue pour sa rigueur, son expérience et sa maîtrise des finances publiques : Charles Mba. L’ancien ministre des Comptes publics et de la Dette a été nommé président du conseil d’administration du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), une décision entérinée lors du Conseil des ministres du 22 mai 2026.
À travers cette nomination, les plus hautes autorités gabonaises témoignent d’une confiance renouvelée envers un homme dont le parcours est marqué par le sens de l’État, la discipline budgétaire et une vision affirmée de la gouvernance publique. À 74 ans, Charles Mba incarne ce que peu de figures administratives réunissent : l’expérience du long terme, la maîtrise des mécanismes complexes et la volonté de servir.
Dans un contexte économique et politique exigeant, le Gabon a besoin de stabilité et de savoir-faire éprouvé. L’expérience n’est pas l’ennemi de la jeunesse: c’est son meilleur levier. Et rares sont ceux qui incarnent cette maxime avec autant de cohérence que Charles Mba.
Nommé ministre des Comptes publics et de la Dette en septembre 2023, dans l’un des contextes les plus délicats de l’histoire administrative du pays, il a fait face à un stock de dette publique de 7 288 milliards FCFA représentant 58 % du PIB. Deux ans et demi plus tard, ce taux était ramené à environ 54 %, témoignant d’une gestion méthodique et d’une vision à long terme.
« La vraie rupture n’est pas l’âge, c’est la compétence et l’intégrité. » Telle pourrait être la devise de Charles Mba, dont le parcours au service de l’État gabonais s’étend sur plusieurs décennies. Sa nomination au FGIS n’est pas un retour en arrière : c’est un déploiement stratégique d’une expertise au service de l’avenir du pays.
« Charles Mba est un homme d’expérience qui connaît parfaitement les rouages de l’administration gabonaise. Sa nomination au FGIS rassure beaucoup de citoyens, parce qu’il a toujours donné l’image d’un responsable sérieux, calme et rigoureux dans la gestion des finances publiques. Le Gabon a besoin de profils comme lui pour sécuriser les investissements stratégiques du pays. » déclare Jean-Rémy N., cadre du secteur privé, Libreville
L’expertise de Charles Mba ne se mesure pas à l’aune des discours, mais à celle des chiffres. Son passage à la tête du ministère des Comptes publics a été marqué par des résultats tangibles, dans un contexte où les équilibres financiers du pays étaient sous pression.
REDRESSEMENT DE LA DETTE PUBLIQUE (2023–2025)
À son arrivée au ministère en septembre 2023, le stock de la dette publique gabonaise s’élevait à 7 288 milliards de FCFA, soit environ 58 % du produit intérieur brut. Sous son impulsion, un important travail d’assainissement et de gestion active de la dette a été engagé. À la fin de l’année 2024, le stock de la dette était ramené à 7 208 milliards de FCFA, avant de poursuivre sa décrue pour atteindre un taux d’endettement estimé à environ 54 % du PIB au cours de l’année 2025.
Cette amélioration est le résultat d’une politique budgétaire rigoureuse. Entre août 2023 et décembre 2024, près de 5 200 milliards de FCFA de ressources ont été mobilisés par l’État. Sur ce montant, environ 2 500 milliards de FCFA ont été consacrés au remboursement de la dette publique, tandis que près de 800 milliards de FCFA ont permis d’apurer une part importante de la dette intérieure. Au total, la réduction nette du stock de dette a atteint 260 milliards de FCFA, illustrant la volonté du gouvernement de restaurer progressivement les marges de manœuvre financières de l’État.
PAIEMENT DES DETTES SOCIALES: JUSTICE ENVERS LES FONCTIONNAIRES
Parallèlement au redressement des finances publiques, Charles Mba a placé la question des dettes sociales au cœur de son action ministérielle. Les rappels de pensions de retraite en souffrance ont ainsi été intégralement soldés, mettant fin à une situation qui pénalisait depuis plusieurs années des milliers d’anciens agents de l’État.
Concernant les rappels de soldes accumulés parfois depuis plus d’une décennie, près des deux tiers des montants dus ont été remboursés. Une première phase de paiement, lancée en novembre 2024, a bénéficié à 37 139 personnes. Parmi elles figuraient 28 740 agents en activité, 7 061 agents en fin de carrière ainsi que 1 338 ayants droit d’agents décédés. Cette opération représentait un effort financier de 36,1 milliards de FCFA.
Quelques mois auparavant, en février 2024, une autre opération avait permis le versement de 28 milliards de FCFA au profit de plus de 26 000 retraités. Au-delà des montants engagés, ces paiements ont constitué un acte fort de justice sociale et de restauration de la confiance entre l’État et ses agents.
RÉFORMES DE TRANSPARENCE ET DE GOUVERNANCE
Le passage de Charles Mba au ministère a également été marqué par plusieurs réformes structurelles destinées à renforcer la transparence et la bonne gouvernance des finances publiques.
L’une des mesures les plus importantes a consisté à instaurer une séparation stricte entre les fonctions d’engagement, de contrôle et de paiement des dépenses publiques. Désormais, l’autorité qui engage une dépense ne peut être celle qui la contrôle ni celle qui procède à son règlement, réduisant ainsi les risques de conflits d’intérêts et renforçant la traçabilité des opérations financières.
Dans le domaine de l’endettement public, une nouvelle obligation a été instaurée : tous les bailleurs de fonds doivent désormais informer le ministre chargé de la Dette de tout financement accordé à l’État. Cette mesure a été complétée par une modification de la loi organique budgétaire, transférant la signature des emprunts directs au ministre de la Dette afin d’améliorer le suivi et le contrôle des engagements financiers du pays.
Ces efforts ont été reconnus au niveau international. Lors de sa mission de janvier 2024, le Fonds monétaire international a salué les progrès accomplis en matière de transparence budgétaire et de gouvernance financière.
Enfin, dans une logique de modernisation de l’administration, une plateforme numérique dédiée, directionsolde.com, a été mise en place afin de permettre aux bénéficiaires de consulter les informations relatives aux opérations de paiement et aux rappels de soldes.
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques administratives. Ils représentent des milliers de fonctionnaires qui ont retrouvé la dignité d’un salaire dû, des retraités qui ont perçu leurs droits après des années d’attente, et un État qui a démontré sa capacité à honorer ses engagements.
« Au-delà de son parcours ministériel, Charles Mba incarne une certaine sagesse de l’État. Dans un contexte où le Gabon cherche à renforcer sa gouvernance économique, son retour aux responsabilités est perçu comme un signal fort de confiance et de stabilité. » confie Madeleine Obiang, enseignante
UN ATOUT POUR ATTIRER LES INVESTISSEURS
Le FGIS, véritable bras financier de l’État pour les investissements structurants, est appelé à jouer un rôle central dans la diversification économique du Gabon. Dans ce contexte, l’arrivée de Charles Mba à sa présidence constitue un signal fort adressé aux partenaires économiques et financiers internationaux.
Le Gabon ambitionne d’accélérer sa transformation économique et de renforcer son attractivité sur la scène africaine. Pour y parvenir, il lui faut des institutions crédibles, dirigées par des hommes reconnus pour leur intégrité et leur compétence technique. Charles Mba répond précisément à ce profil : un interlocuteur respecté, dont la rigueur a été validée aussi bien par les pairs africains que par des institutions comme le Fonds monétaire international.
Sa maîtrise des mécanismes de financement public, sa connaissance intime des cycles budgétaires gabonais et sa capacité démontrée à gérer des masses financières considérables (plus de 5 200 milliards FCFA mobilisés en à peine seize mois) font de lui l’interlocuteur idéal pour les investisseurs institutionnels qui exigent transparence, prévisibilité et fiabilité.
MENTOR ET PASSEUR DE RELAIS: UNE VISION INTERGÉNÉRATIONNELLE
Charles Mba n’est pas seulement un gestionnaire de l’urgence. C’est aussi un homme soucieux de transmettre. Tout au long de ses fonctions ministérielles, il a œuvré pour la mise en place de réformes structurelles durables, celles qui ne profitent pas seulement au présent mais préparent l’avenir.
La séparation des fonctions d’engagement, de contrôle et de paiement qu’il a instituée n’est pas une réforme conjoncturelle : c’est une architecture institutionnelle conçue pour durer, pour servir les générations futures de gestionnaires publics. Le site directionsolde.com, la transparence des emprunts, la modification de la loi organique budgétaire : autant de fondations posées pour ceux qui viendront après lui.
En acceptant la présidence du FGIS, Charles Mba embrasse pleinement ce rôle de passeur intergénérationnel. Son objectif déclaré n’est pas de capitaliser sur une fin de carrière, mais de mettre à disposition du pays son savoir-faire accumulé, de former la prochaine génération de gestionnaires publics et d’inscrire le FGIS dans une trajectoire de gouvernance exemplaire.
C’est là peut-être la dimension la plus précieuse de cette nomination : un homme qui, au soir d’un parcours remarquable, choisit de servir plutôt que de se reposer. Un homme qui comprend que la vraie réussite ne se mesure pas aux postes occupés, mais à l’héritage laissé.
« L’expérience n’est pas l’ennemi de la jeunesse, c’est son meilleur levier. Le véritable legs d’un grand serviteur de l’État, c’est de laisser les institutions plus solides qu’il ne les a trouvées. », confie un observateur de la vie publique gabonaise
Qu’il s’agisse du redressement de la dette publique, de la justice rendue aux fonctionnaires lésés, ou des réformes de transparence saluées par la communauté internationale, Charles Mba aura construit, pierre par pierre, un édifice institutionnel dont le Gabon bénéficiera longtemps.
Sa présence à la tête du FGIS s’inscrit dans cette continuité. Le fonds souverain gabonais, appelé à gérer et valoriser les actifs stratégiques du pays, a besoin d’une gouvernance tournée vers le temps long. Charles Mba, par son profil, par ses convictions et par son parcours, est précisément cet homme du temps long.
Dans un Gabon en pleine mutation, où la jeunesse aspire à un avenir meilleur et où les partenaires attendent des garanties de stabilité, la nomination de Charles Mba à la présidence du conseil d’administration du FGIS est bien plus qu’une décision administrative. C’est un acte de foi dans la continuité de l’État, un pari sur la compétence, et un message clair : le Gabon sait valoriser ceux qui ont servi avec honneur et détermination.
Sources :Chiffres issus des communications officielles du ministère des Comptes publics et de la Dette (2023–2026).



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