AGASA : le SYNATA accuse la Direction générale de privilégier les réseaux sociaux au détriment des réponses de fond
Le bras de fer se poursuit entre le Syndicat national des travailleurs de l’AGASA (SYNATA) et la Direction générale de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA). Dans un nouveau communiqué publié ce 14 juillet 2026, le syndicat accuse le directeur général de privilégier une « guerre de communication » sur les réseaux sociaux plutôt que de répondre aux griefs qu’il formule depuis plus d’un an sur la gouvernance de l’établissement. Saluant l’intervention du vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, qui a convoqué les principaux responsables de l’Agence et le ministre de tutelle, le SYNATA estime que cette initiative confirme la gravité des dysfonctionnements qu’il dénonce et appelle les autorités compétentes à prendre des mesures pour rétablir un fonctionnement conforme aux textes en vigueur. Lire le communiqué ci-dessous publié in extenso.
R/N°21/SYNATA/SG/
COMMUNIQUE
Depuis plus d’un an, le Syndicat National des Travailleurs de l’AGASA (SYNATA) alerte les autorités compétentes sur des dysfonctionnements de gouvernance au sein de l’AGASA.
Conseil d’administration, tutelle, Présidence de la République…, toutes les saisines ont été faites dans les formes, avec des preuves, des références réglementaires précises et des arguments juridiques circonstanciés.
En guise de réponse à ces interpellations institutionnelles, le Directeur Général choisit une énième fois la fuite en avant sur les réseaux sociaux notamment Facebook.
En effet, au lieu d’apporter des réponses factuelles aux nombreuses questions soulevées sur la gestion de l’établissement, il préfère publier, sur sa page officielle, un extrait audio tronqué du Secrétaire Général Adjoint, datant du 6 octobre 2025. Cet enregistrement, réalisé en pleine crise sociale (1ère grève au sein de l’AGASA depuis sa création) dans un contexte où les représentants du personnel appelaient légitimement les agents à la mobilisation, est pleinement assumé par notre organisation.
Il est en revanche surprenant qu’un Directeur Général d’établissement public, après avoir lui-même prôné l’apaisement social et la bonne foi des partenaires sociaux via son canal préféré, juge plus utile de ressortir une archive vieille de plusieurs mois que de répondre aux questions de fond qui lui sont posées.
Au-delà de cette sortie, le SYNATA observe que cette stratégie de diversion ne s’arrête pas à la personne du Directeur Général. Des comptes et des pages relayant, amplifiant et parfois déformant ces éléments de communication se multiplient sur les réseaux sociaux, démontrant l’existence d’une véritable guerre d’opinion financée pour masquer le débat de fond.
Le SYNATA le dit sans détour : mobiliser des relais pour occuper l’espace médiatique ne remplacera jamais une réponse juridique et factuelle aux irrégularités dénoncées.
Jusqu’à ce jour, aucun de nos communiqués n’a reçu de réponse juridique, aucun texte de loi cité n’a été contesté, et aucune des dérives pointées n’a été techniquement démentie. Ce silence assourdissant sur le fond, désormais compensé par une agitation stérile sur la forme, pose une question fondamentale : la diffusion d’officines virtuelles ou de vieux extraits audio fait-elle disparaître les textes réglementaires et la responsabilité des décideurs ? Bien évidemment que non, car les réseaux sociaux ne réécriront jamais le droit positif gabonais.
Fort heureusement, face à ce spectacle médiatique affligeant, le SYNATA prend acte avec une profonde satisfaction de l’intervention décisive du Vice-Président du Gouvernement, Coordonnateur de l’Action Gouvernementale, Hermann IMMONGAULT.
En convoquant ce lundi 13 juillet 2026 les deux Directeurs Généraux de l’AGASA ainsi que le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement Rural, le Vice-Président du Gouvernement a fermement rappelé que « L’AGASA est chargée d’assurer la sécurité alimentaire des populations. Vous en êtes rendus au point où vous constituez une source d’insécurité pour le Gabonais ». Notre organisation partage pleinement cette exigence de voir l’intérêt général primer sur les guerres d’ego, ainsi que l’instruction stricte donnée au Ministre de tutelle de présenter, sous huitaine, des propositions concrètes de sortie de crise.
Cette intervention au Plus Haut Niveau de l’Exécutif confirme ce que le SYNATA dénonce depuis plus d’un an : les dysfonctionnements observés à l’AGASA ne relèvent ni de l’anecdote ni de la rivalité interne, mais d’un péril de gouvernance qui exigeait l’arbitrage de l’État
Le SYNATA espère désormais que cette impulsion salutaire trouvera un prolongement immédiat à la hauteur des enjeux auprès de la Tutelle ministérielle et du Conseil d’Administration, à qui il revient, chacun dans le champ de ses prérogatives statutaires, de prendre pleinement leurs responsabilités : faire la lumière sur les irrégularités dénoncées, se prononcer sur la légalité des actes contestés, et restaurer un fonctionnement de l’AGASA conforme aux textes qui la régissent.
En conclusion, le SYNATA continuera invariablement à faire ce qu’il a toujours fait : défendre les travailleurs, dénoncer ce qui contrevient aux règles de bonne gouvernance et proposer des solutions pour préserver l’AGASA.
Pendant que certains investissent leur énergie à fabriquer un récit, le SYNATA continuera à produire des faits. Parce qu’au bout du compte, ce ne sont ni Facebook ni les effets de communication qui jugeront la gestion de l’établissement, mais les textes, les institutions compétentes et, le cas échéant, les juridictions de la République.
Fait à Libreville, le 14 juillet 2026
Pour le Bureau Exécutif
Le Secrétaire Général du SYNATA



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