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Tourisme, mines et infrastructures : la nouvelle ambition du gouvernement pour l’Ogooué-Ivindo

Par Stive Roméo Makanga 

À moins de deux mois de la célébration de la Fête de la Libération, le gouvernement ne se contente pas de préparer un événement. À Makokou, c’est une véritable stratégie d’aménagement du territoire qui se dessine. Entre investissements miniers, modernisation de l’offre hôtelière et valorisation des sites naturels, l’Ogooué-Ivindo est progressivement appelée à devenir l’un des nouveaux pôles du tourisme gabonais.

Longtemps considérée comme une province enclavée malgré un patrimoine naturel exceptionnel, l’Ogooué-Ivindo semble aujourd’hui entrer dans une nouvelle phase de son développement. Si l’organisation de la Fête de la Libération du 30 août constitue l’échéance la plus visible, les initiatives engagées par les pouvoirs publics dépassent largement le cadre des préparatifs protocolaires.

La mission effectuée les 6 et 7 juillet à Makokou par la ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, le Pr Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, accompagnée du ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, en apporte une illustration concrète. Derrière les visites de terrain se dessine une ambition plus vaste : transformer durablement cette province en un territoire d’attractivité économique.

Une phase de l’inspection 

À quelques semaines des festivités nationales, les autorités ont souhaité mesurer la capacité des établissements hôteliers à recevoir les nombreuses délégations attendues. Les inspections n’ont pas uniquement porté sur le nombre de chambres disponibles. Elles ont également concerné la qualité des prestations, les conditions d’hygiène et le respect des exigences réglementaires, autant de critères appelés à renforcer l’image de la destination.

Vue de la devanture de l’hôtel 

Pour Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, cette démarche répond à une logique de professionnalisation du secteur.

« Nous avons évalué les capacités d’accueil des établissements hôteliers et accompagné la délégation de Fortescue dans le choix du site de sa future base administrative, un projet structurant pour Makokou », a-t-elle indiqué.

Mais l’un des principaux enseignements de cette mission réside ailleurs.

La présence de Fortescue confirme que le développement touristique est désormais pensé en complémentarité avec les grands investissements industriels. Déjà engagée dans le projet d’exploitation du gisement de fer de Belinga, la société poursuit la mise en place des infrastructures qui accompagneront cette opération minière d’envergure.

Le choix d’implanter sa future base administrative à proximité de l’hôtel Belinga n’est pas anodin.

Pour Shadi Savadi, directeur des opérations et des infrastructures de Fortescue, cette proximité favorisera une organisation plus efficace des activités.

« Le futur siège administratif et l’hôtel Belinga formeront une synergie économique et fonctionnelle au service du territoire », souligne-t-il.

Cette implantation bénéficie d’un appui direct des plus hautes autorités de l’État.

Comme l’a rappelé la ministre du Tourisme, « sur instruction du Président de la République, un espace proche de l’hôtel Belinga a été mis à la disposition de Fortescue pour accueillir cette infrastructure stratégique ».

Au-delà de la dimension industrielle, le gouvernement entend également capitaliser sur les richesses naturelles dont regorge l’Ogooué-Ivindo.

C’est dans cette perspective que la délégation s’est rendue sur le tronçon Makokou-Kongou afin de constater l’état d’avancement des travaux destinés à améliorer l’accès aux célèbres chutes de Kongou. Ces aménagements devraient, à terme, faciliter la fréquentation de ce site emblématique et renforcer la place de l’écotourisme dans l’économie provinciale.

Loin d’être une succession de visites protocolaires, cette tournée révèle finalement une méthode.

Plutôt que de traiter séparément les questions liées au tourisme, aux infrastructures ou aux investissements privés, les autorités semblent privilégier une approche intégrée où chacun de ces leviers contribue au développement du territoire.

Makokou apparaît ainsi comme l’un des premiers terrains d’application de cette stratégie.

Si les préparatifs du 30 août mobilisent naturellement l’action gouvernementale, ils servent également de catalyseur à des projets appelés à produire leurs effets bien après les festivités. Modernisation de l’offre touristique, implantation de nouvelles infrastructures économiques, amélioration de l’accessibilité des sites naturels : autant d’initiatives qui traduisent une même volonté, celle de faire de l’Ogooué-Ivindo un espace où développement économique et valorisation du patrimoine avancent de concert.

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