Droit de réponse : L’affaire foncière Eddy Minang ou la fable d’un titre fictif démasqué par la justice
Dans un article publié par le journal en ligne Kongossanews, signé par Monsieur Stive Roméo Makanga et intitulé « Vingt ans après, pourquoi l’affaire foncière Eddy Minang ressurgit-elle ?: chronique d’une saga destinée à enterrer définitivement l’ancien procureur général », mon nom a été jeté en pâture dans ce qui est présenté comme une « campagne de salissures » visant l’ancien procureur général, Eddy Narcisse Minang.
Sous prétexte de rétablir une vérité chronologique, le journaliste s’est fait le relais complaisant d’un argumentaire juridique frelaté, feignant d’ignorer que les prétendus « droits intangibles » de son protégé ont été définitivement balayés par les plus hautes juridictions administratives de notre pays. En vertu du droit de réponse, il est de mon devoir de démolir la fable d’une « parcelle régulièrement revenue dans le patrimoine de l’État » et de restituer la vérité, non pas à l’aide d’enquêtes administratives opportunes, mais à la lumière de décisions de justice souveraines et définitives.
Du provisoire au fond : l’escroquerie intellectuelle des référés de 2014
L’article de Kongossanews s’accroche désespérément à une ordonnance de référé rendue le 22 janvier 2014 par le Tribunal de première instance de Port-Gentil pour justifier mon expulsion et l’arrêt de mes travaux. Monsieur Makanga commet ici une faute journalistique — ou une manipulation politique — grossière : confondre le provisoire et le fond.
Toute personne un tant soit peu initiée au droit sait qu’une ordonnance de référé ne statue jamais sur le fond du droit de propriété. Elle ne fait que gérer une urgence l’espace d’un instant, de manière purement conservatoire. Or, qu’est-ce qui a été jugé lorsque les magistrats se sont enfin penchés sur le fond du dossier ? L’examen des faits a révélé que le titre d’Eddy Narcisse Minang reposait sur un mensonge d’État.
Le jugement du 4 septembre 2020 : la preuve matérielle du mensonge
Le journaliste affirme hardiment qu’« aucune mise en valeur n’avait été réalisée » sur ma parcelle n°52 section NE et qu’un procès-verbal de carence du 28 janvier 2010 l’avait valablement constaté. C’est faux, et la justice l’a sanctionné de la manière la plus cinglante qui soit.
Par son jugement rendu le vendredi 4 septembre 2020, le Tribunal administratif de Port-Gentil a annulé purement et simplement la décision du 22 novembre 2013 qui cédait ce terrain à Monsieur Minang. Pourquoi ? Parce qu’une visite des lieux ordonnée par le magistrat instructeur et le témoignage du concierge de la parcelle ont prouvé que le terrain n’était absolument pas nu. J’y avais investi de mes propres deniers : remblais, soubassement de cinq rangées de briques, clôture et même un compteur d’eau à mon nom, dont le robinet d’alimentation était toujours visible.
Le Tribunal a ainsi tranché : « En mentionnant que la parcelle était nue, l’administration foncière a commis une erreur grave et manifeste. (…) La décision du 22 novembre 2013 (…) est entachée de vices graves qui emportent son inexistence juridique ».
En clair, l’acte de propriété d’Eddy Narcisse Minang a été déclaré nul et non avenu. L’ancien procureur général s’est empressé de vendre ce terrain à un tiers, un sujet libanais, Monsieur Ali Baraka, en bâtissant sa transaction sur un faux intellectuel fabriqué par une administration foncière complice.
L’arrêt du 4 avril 2024 : le rideau tombe définitivement
L’article incriminé s’étonne que je saisisse à nouveau le ministre de la Justice le 25 juin 2026, évoquant une « absence de fait nouveau ». Le fait nouveau, Monsieur le journaliste, est que Monsieur Minang a épuisé ses voies de recours et qu’il n’a plus aucun titre juridique sur cette parcelle depuis plus de deux ans !
Battu sur le fond en 2020, Eddy Narcisse Minang a tenté de contester cette humiliation judiciaire. Mal lui en a pris. Par un arrêt rendu le jeudi 4 avril 2024, la Cour d’appel administrative de Libreville a déclaré son appel purement et simplement irrecevable.
Depuis cette date mémorable du 4 avril 2024, le jugement de première instance est revêtu de l’autorité absolue de la chose jugée. Monsieur Minang n’est pas la victime d’un « complot médiatique » lié à sa suspension administrative récente de 2026 ; il est un justiciable déchu de ses prétentions foncières illégitimes par la force de la loi.
Une collusion administrative qui doit cesser
Si Monsieur Makanga s’offusque de la prétendue violation du « secret administratif » concernant ma lettre du 25 juin 2026 au ministre de la Justice, je m’offusque, quant à moi, de l’impunité dont a bénéficié un haut magistrat qui a utilisé son influence pour usurper le terrain d’une citoyenne et le revendre frauduleusement.
Ma démarche auprès du garde des Sceaux n’est pas une « offensive de salissure », c’est une demande de justice concrète pour l’exécution pleine et entière des décisions rendues par les tribunaux de la République. Le droit a parlé, les masques sont tombés, et ce ne sont pas les chroniques complaisantes qui ressusciteront un titre de propriété juridiquement mort et enterré.



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