Chargement en cours

Affaire E-Doley Finance-BGFIBank : la bataille judiciaire est loin d’être terminée

Par Stive Roméo Makanga

L’affaire opposant E-Doley Finance au groupe BGFIBank connaît un nouveau rebondissement. Dans un communiqué publié le 11 juillet 2026 et dont notre Rédaction a obtenu copie, la fintech gabonaise conteste la lecture faite par BGFIBank d’un jugement rendu le 25 juin dernier par le Tribunal judiciaire de Paris. Alors que le groupe bancaire s’est publiquement félicité de cette décision, E-Doley Finance estime, au contraire, que le litige est loin d’être clos et annonce avoir interjeté appel.

Au cœur de cette affaire figure une question que la société présente comme essentielle : qui est réellement à l’origine de la solution de banque mobile devenue « BGFI Mobile » ? Selon E-Doley Finance, tout remonte à 2013, lorsqu’elle affirme avoir conçu « e-Doley Cash », une solution de banque mobile qu’elle aurait ensuite présentée à BGFIBank dans le cadre d’un partenariat. La fintech soutient qu’en 2014, la banque aurait mobilisé plusieurs de ses cadres pour déployer cette solution avant de la présenter publiquement sous l’appellation « e-Doley Cash by BGFI Bank ».

D’après le communiqué, les relations entre les deux partenaires se seraient détériorées en 2015 lorsque BGFIBank aurait proposé de racheter la technologie plutôt que d’appliquer le mécanisme de partage des revenus initialement envisagé. Aucun accord n’ayant été trouvé, la banque aurait ensuite lancé, quelques mois plus tard, sa plateforme « BGFI Mobile », que la société E-Doley Finance considère comme une reprise de sa propre innovation sous une nouvelle dénomination. C’est précisément ce point qui constitue aujourd’hui le cœur du contentieux.

Aussi, dans son communiqué, E-Doley Finance reproche au groupe bancaire d’avoir présenté le jugement parisien comme une victoire définitive. La société affirme que le tribunal ne s’est pas prononcé sur la comparaison technique des logiciels ni sur la paternité de BGFI Mobile. Selon elle, les magistrats auraient uniquement considéré que certains éléments de preuve produits étaient insuffisants à ce stade de la procédure, sans pour autant trancher le fond du dossier. La fintech souligne que la Cour d’appel de Paris sera désormais appelée à réexaminer l’ensemble de l’affaire, tant sur les faits que sur le droit.

E-Doley Finance rappelle également qu’un arrêt de la Cour d’appel de Paris rendu en 2020 aurait déjà relevé que la solution e-Doley Cash avait été développée avant toute relation commerciale avec BGFIBank. Cet élément est présenté par l’entreprise comme un point majeur de sa démonstration.

Des expertises judiciaires au cœur du débat

Autre argument avancé par la fintech : deux expertises judiciaires auraient conclu à des similitudes pouvant atteindre 100 % sur certaines composantes techniques entre les deux solutions informatiques. Toutefois, ces expertises ont été annulées en 2021. E-Doley Finance précise que cette annulation ne porterait pas sur leur contenu technique mais sur des questions procédurales. Elle indique par ailleurs avoir engagé un recours en révision, estimant que certaines pièces produites dans la procédure auraient été fabriquées pour les besoins de la cause. Ces allégations relèvent toutefois de la position de la société et devront être appréciées par les juridictions compétentes.

Le communiqué affirme également que BGFIBank n’aurait jamais produit les documents contractuels et techniques susceptibles, selon E-Doley Finance, d’établir précisément l’origine de BGFI Mobile, malgré plusieurs sommations d’huissier. La fintech soutient en outre que les explications fournies par la banque sur l’origine du logiciel auraient varié au fil des procédures judiciaires.

Selon E-Doley Finance, le différend se poursuit désormais dans plusieurs pays. La question de la contrefaçon est examinée devant les juridictions françaises, tandis que le volet commercial relève des juridictions gabonaises avant un éventuel examen par la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) de l’OHADA. La société rappelle également qu’une décision de la Cour d’appel judiciaire de Libreville, rendue le 18 mars 2026, aurait reconnu l’existence d’une opération de nature commerciale entre les deux parties.

sans atermoiements, E-Doley Finance affirme dans son communiqué souhaiter que le litige soit désormais tranché sur la base de l’ensemble des pièces contractuelles et techniques, dans le cadre d’un débat contradictoire devant les juridictions compétentes. La société indique qu’elle exercera pleinement ses voies de recours et réserve l’ensemble de ses droits.

Laisser un commentaire