Chargement en cours

La Fondation Lékédi Biodiversité veut faire de Bakoumba un modèle africain de développement fondé sur la nature

Par Cadette Ondo Eyi 

Comment transformer la richesse écologique du Gabon en véritable moteur de croissance économique et de développement territorial durable ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre la Fondation Lékédi Biodiversité à l’occasion de la cinquième édition de son rendez-vous annuel consacré à la préservation du vivant, organisée au Parc de la Lékédi sous le thème : « Biodiversité, levier de croissance au Gabon ».

Vue d’une visite 

Portée conjointement par Eramet Comilog et la Fondation Lékédi Biodiversité, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la Semaine de l’Environnement déployée simultanément sur l’ensemble des sites du groupe Eramet à travers le monde. Elle a réuni près d’une centaine d’acteurs institutionnels, scientifiques et environnementaux venus réfléchir aux voies permettant de faire de la biodiversité un véritable facteur de prospérité pour les territoires.

Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Jacques-Denis Tsanga, gouverneur de la province du Haut-Ogooué, Aubin Janvier Mabeka, président du Conseil départemental de la Lékoko, Virginie de Chassey, directrice du Développement durable et de l’Engagement d’Eramet et présidente du Conseil d’administration de la Fondation Lékédi Biodiversité, ainsi que Leod Paul Batolo, administrateur directeur général d’Eramet Comilog.

Une biodiversité au service du développement local

À travers cette initiative, Eramet réaffirme sa volonté d’intégrer durablement les enjeux environnementaux au cœur de ses activités industrielles. Cet engagement s’inscrit dans sa feuille de route de responsabilité sociétale intitulée « Act for Positive Mining » ainsi que dans les standards internationaux de la mine responsable.

Pendant les échanges 

Durant toute la semaine, plusieurs activités de sensibilisation ont été organisées sur les différents sites de Comilog. Conférences, ateliers interactifs et espaces pédagogiques ont permis aux collaborateurs de mieux appréhender les enjeux liés à la biodiversité, à la restauration des écosystèmes et à la réhabilitation environnementale.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention de Zita Kassa Wilks, représentante du Fonds CAFI-Gabon. Celle-ci a présenté les différents mécanismes de financement vert susceptibles de soutenir la valorisation du capital naturel gabonais, tout en soulignant les opportunités qu’offre la biodiversité pour le développement économique des territoires.

Réhabilitation des écosystèmes et santé publique au cœur des échanges

Les débats se sont poursuivis autour de deux tables rondes de haut niveau.

La première a réuni Stéphen Mouba, directeur pays Gabon de The Nature Conservancy (TNC), Éric Wuillaume, directeur exécutif de la Fondation Lékédi Biodiversité, et Omer Ndzangou, chef de service Biodiversité et Revégétalisation chez Comilog. Les intervenants ont démontré que les opérations de réhabilitation environnementale peuvent simultanément contribuer à la restauration du capital naturel et à la création de nouvelles opportunités économiques pour les communautés locales.

La seconde table ronde, animée par des représentants du Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et du Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF), a mis en lumière les interactions étroites entre la gestion durable de la faune, la prévention des zoonoses et la protection de la santé des populations vivant à proximité des massifs forestiers d’Afrique centrale.

L’un des moments forts de cette édition a été la participation de quarante élèves du programme Gabon Green Generation (3G) by Lékédi, accompagnés par WWF Gabon.

Ces jeunes ambassadeurs de l’environnement, issus de plusieurs établissements scolaires du Haut-Ogooué, ont imaginé et animé un village écosystémique immersif articulé autour de quatre univers naturels : la savane, la forêt, les milieux aquatiques et la mangrove. Une initiative qui a permis de sensibiliser les participants à la richesse exceptionnelle mais également à la fragilité des écosystèmes gabonais.

Pour Aubin Janvier Mabeka, président du Conseil départemental de la Lékoko, la préservation de la biodiversité constitue désormais un enjeu stratégique de développement.

« Protéger la biodiversité, c’est protéger nos capacités à nous développer sans hypothéquer l’avenir. C’est faire de la nature un actif économique et non une contrainte. À Bakoumba, la Fondation démontre chaque jour que conservation, attractivité du territoire et développement local peuvent avancer ensemble », a-t-il déclaré.

Dans la même dynamique, Virginie de Chassey a rappelé l’ambition portée par la Fondation Lékédi Biodiversité : démontrer qu’il est possible de concilier activité économique, protection des écosystèmes, transmission des savoirs et développement territorial.

Créée en 2021, la Fondation Lékédi Biodiversité s’est progressivement imposée comme un acteur structurant du développement de Bakoumba. Héritière de plus de trois décennies d’actions en faveur de la conservation de la nature dans la région, elle œuvre aujourd’hui dans plusieurs domaines stratégiques : la recherche scientifique, l’écotourisme, l’éducation environnementale, la création d’emplois verts et l’accompagnement de l’entrepreneuriat local.

Les résultats enregistrés en 2025 témoignent de cette dynamique : plus de 1 000 visiteurs accueillis, près de 100 tonnes de fruits et légumes achetées chaque année auprès des producteurs locaux, plus de 10 millions de francs CFA injectés chaque mois dans l’économie agricole locale, ainsi que 2 400 jeunes sensibilisés et formés aux métiers verts.

À travers ces actions, la Fondation Lékédi Biodiversité affiche clairement son ambition : faire de Bakoumba une référence en matière de préservation du vivant et de développement territorial durable, non seulement au Gabon, mais dans l’ensemble de l’Afrique centrale.

Laisser un commentaire