À Comilog, quand les calculettes syndicales défient les lois de la gravité
C’est le grand retour du théâtre social à Moanda. L’intersyndicale de Comilog vient de publier son dernier chef-d’œuvre : un préavis de grève officiel déposé le 17 juillet 2026. Au programme : menaces de paralysie générale, arithmétique magique et procès en sorcellerie. Une lecture attentive de leur texte permet de savourer toute la mesure de leur déconnexion.
La grande découverte des syndicats cette année est conceptuelle : selon eux, une multinationale ne doit plus piloter ses finances en fonction des réalités comptables audités, validés et sacralisés, par l’expert comptable et le Conseil d’Administration.
Pour justifier une rallonge sur la prime de performance 2025, nos stratèges syndicaux expliquent sans sourciller qu’il faut figer le temps en octobre 2025. Les difficultés réelles de transport, d’embarquement, les taxes et les redevances minières ?
Dans le monde merveilleux du syndicalisme, les taxes n’existent pas et l’argent pousse dans les laveries de manganèse. Prétendre que les rapports certifiés sont « faux » parce qu’ils ne correspondent pas à leurs fantasmes financiers relève d’une magnifique imposture intellectuelle.
_Le crime de lèse-majesté_
Le morceau de bravoure du préavis réside incontestablement dans le paragraphe sur le « mépris ». On y apprend, les larmes aux yeux, que l’Administrateur Directeur Général refuse de venir s’asseoir en personne à leur table, préférant déléguer la Directrice des Ressources Humaines.
Quelle audace ! Envoyer la Directrice des Ressources Humaines et de la Santé au Travail pour gérer… un conflit social et des ressources humaines ! Pour l’intersyndicale, cette répartition élémentaire des rôles managériaux est une insulte à leur rang. Ils exigent le grand patron, tout de suite, sous peine de bloquer la machine. Quand l’ego des leaders syndicaux commence à peser plus lourd que l’intérêt des ouvriers, la négociation tourne à la comédie de boulevard.
_Le « service minimum » ou l’art d’asphyxier proprement_
Pour prouver leur immense sens des responsabilités, les syndicats proposent un « service minimum » qui ressemble à s’y méprendre à un sabotage en règle. Réduire l’activité industriel. Le summum de la solidarité ouvrière est atteint lorsqu’ils exigent l’exclusion des sous-traitants des sites durant la grève.
C’est ici que le spectacle vire à la fraude. Rappelons que les élections professionnelles des 28 avril et 6 mai 2026 n’ont toujours pas fait l’objet d’une proclamation officielle par la Commission nationale. En clair ? Nos apprentis bloqueurs n’ont pour l’instant aucun mandat légal validé. Mais qu’à cela ne tienne ! Faute de pouvoir briller par les urnes, l’intersyndicale choisit de briller hors-la-loi. Ce préavis s’inscrit en ligne droite dans une fâcheuse habitude de la maison : lancer une énième grève dans l’illicite, au mépris des procédures légales de conciliation. À Moanda, quand on n’a pas d’arguments juridiques, on prend les carrières en otage.
_Rideau !_
La Direction Générale reste droite dans ses bottes. Les règles du jeu sont fixées par des accords d’entreprise, pas par des coups de pression théâtraux. Les salariés feraient bien de se demander si perdre des jours de salaire en août vaut vraiment la peine de financer ce spectacle d’acteurs en quête de rôle. Il est grand temps que le sérieux revienne et que la récréation syndicale prenne fin.



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