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Carburant : Geoffroy Foumboula défend le maintien des subventions pour préserver le pouvoir d’achat

Par Stive Roméo Makanga

Alors que la question des subventions aux produits pétroliers revient au centre des débats économiques dans plusieurs pays africains, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso estime que le maintien du prix du carburant à la pompe au Gabon constitue, à ce stade, un important mécanisme de protection du pouvoir d’achat. Selon l’acteur civique, le pays afficherait le prix du super le plus bas de la CEMAC et le deuxième plus faible parmi les pays de la zone franc CFA.

La question du prix des carburants s’impose progressivement comme l’un des enjeux sociaux majeurs auxquels sont confrontés les gouvernements africains. Entre fluctuations des cours internationaux du pétrole, contraintes budgétaires et recommandations des institutions financières internationales, les États doivent arbitrer entre assainissement des finances publiques et préservation du pouvoir d’achat des populations.

Dans une tribune consacrée à cette problématique, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso met particulièrement en avant la situation du Gabon. Selon Geoffroy Foumboula, le pays continuerait de bénéficier d’un prix du carburant relativement faible grâce au maintien des mécanismes de subvention.

Dans son analyse, il soutient que le litre de super serait actuellement vendu à 595 FCFA au Gabon, ce qui placerait le pays au premier rang de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour le prix le plus bas et au deuxième rang parmi les pays de la zone franc CFA, derrière le Niger, où il indique un tarif de 499 FCFA le litre.

Dans le classement présenté dans sa tribune, Geoffroy Foumboula situe ensuite la Guinée équatoriale à 645 FCFA, le Tchad à 700 FCFA, le Bénin et le Togo à 725 FCFA, le Congo à 775 FCFA, le Cameroun à 840 FCFA, le Burkina Faso à 850 FCFA et le Mali à 875 FCFA. Selon les mêmes données avancées par l’acteur civique, la Guinée-Bissau afficherait un prix de 899 FCFA, la Côte d’Ivoire 905 FCFA, le Sénégal 920 FCFA et la République centrafricaine 1 050 FCFA.

Le maintien des subventions présenté comme un choix social

Selon Geoffroy Foumboula, cette situation gabonaise doit notamment être comprise à la lumière des discussions entre Libreville et le Fonds monétaire international (FMI). L’acteur civique soutient que les institutions financières internationales encouragent généralement les États bénéficiant de leur accompagnement à réduire les subventions énergétiques, notamment lorsqu’elles représentent une charge importante pour les finances publiques.

Dans ce contexte, le maintien de la subvention gabonaise traduirait une volonté politique de limiter les conséquences d’une hausse des prix à la pompe sur les ménages.

« Il y a des combats silencieux que l’on ne perçoit pas souvent lorsqu’on se prononce sur l’actualité de son pays », écrit Geoffroy Foumboula, qui voit dans la politique actuelle une volonté du président Brice Clotaire Oligui Nguema de privilégier, pour le moment, la protection du pouvoir d’achat.

Pour lui, la question dépasse en effet le seul prix payé par l’automobiliste à la station-service. Une suppression brutale des subventions pourrait provoquer une augmentation des coûts du transport terrestre, maritime, fluvial et aérien. Cette hausse risquerait ensuite de se répercuter sur les prix des produits de consommation courante, notamment alimentaires.

Le carburant constitue en effet un poste transversal dans la formation des coûts : transport des marchandises, déplacements des travailleurs, fonctionnement de certaines activités économiques ou encore acheminement des produits vers les centres urbains. C’est précisément cet effet domino que Geoffroy Foumboula place au cœur de son argumentation.

Pour l’auteur de la tribune, la véritable interrogation porte désormais sur la capacité financière de l’État à soutenir durablement ce mécanisme tout en poursuivant ses objectifs d’investissement et de développement.

« La grande question est celle de savoir si le Gabon pourra dans le temps maintenir cette subvention au regard de sa situation macro-économique combinée à ses objectifs de développement », interroge-t-il.

De son point de vue, c’est également sous cet angle qu’il convient d’appréhender l’audit des subventions évoqué par les autorités. Celui-ci devrait permettre, estime-t-il, de déterminer précisément les bénéficiaires des différents mécanismes et d’identifier d’éventuelles dépenses susceptibles d’être rationalisées.

Pour l’acteur civique, le principe même d’une aide publique sur les produits pétroliers n’est donc pas nécessairement à remettre en cause. En effet, il faudrait plutôt s’assurer que l’effort financier consenti par l’État bénéficie effectivement aux populations auxquelles il est destiné.

Une meilleure maîtrise du dispositif permettrait, poursuit-il, de dégager des économies susceptibles d’être réorientées vers d’autres secteurs prioritaires.

Selon Geoffroy Foumboula, le défi auquel le Gabon pourrait être confronté consiste désormais à concilier deux exigences difficilement dissociables : préserver le caractère social de la politique publique tout en tenant compte des contraintes macroéconomiques et des recommandations des partenaires financiers.

L’acteur civique félicite ainsi le chef de l’État pour ce qu’il considère comme une priorité accordée à la dimension sociale. Mais il invite parallèlement à anticiper une éventuelle évolution du dispositif.

« Il nous faut trouver un mécanisme permettant à l’État de maintenir l’approche sociale tout en conciliant les recommandations des économistes et autres partenaires au développement », écrit-il, avant de conclure par cette mise en garde : « On doit se préparer à tout. »

Pour Geoffroy Foumboula, la question du carburant apparaît ainsi comme bien davantage qu’une simple affaire de prix affiché à la pompe. Elle pose, en filigrane, celle du modèle économique et social que le Gabon entend défendre dans un contexte de contraintes budgétaires, mais également celle de la capacité de l’État à mieux cibler ses interventions.

Pour l’acteur civique, l’enjeu sera donc de préserver le pouvoir d’achat sans compromettre les équilibres financiers nécessaires au financement du développement. Un exercice d’autant plus délicat que toute modification substantielle du prix du carburant pourrait rapidement se transmettre au reste de l’économie et, in fine, au panier de la ménagère.

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