Gabon : Geoffroy Foumboula condamne les « dérives verbales » de certains activistes de la diaspora
Par Stive Roméo Makanga
Le leader de la société civile Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a fermement condamné les propos injurieux et outrageants de certains activistes gabonais établis à l’étranger, notamment ceux visant récemment le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, son épouse et sa mère. Lors d’une conférence de presse tenue le 11 août 2026, l’acteur civique a surtout interpellé les autorités sur les relations qu’elles entretiennent avec certaines figures de la diaspora connues pour la virulence de leurs interventions sur les réseaux sociaux. Pour lui, l’absence de réponse judiciaire face aux dérives constatées contribue paradoxalement à leur banalisation.
Pour Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, une frontière doit être clairement établie entre le combat politique ou civique et l’invective personnelle. Celui qui s’est fait connaître par plusieurs prises de position critiques à l’égard des pouvoirs successifs rappelle avoir privilégié, au cours de son parcours, les plaidoyers argumentés et les procédures judiciaires lorsqu’il contestait certaines décisions publiques.
« Ne pas être d’accord ne sous-entend pas insulter son adversaire », résume-t-il. Autrement dit, la contradiction, même vigoureuse, appartient au fonctionnement normal d’une démocratie, tandis que l’insulte, la diffamation ou l’outrage relèvent, pour lui, d’une tout autre logique.
Cette mise au point intervient après la diffusion de propos de « Lanlaire ». Aussi, Geoffroy Foumboula condamne ces propos « avec la dernière énergie ».
Cependant, son intervention ne se limite pas à la condamnation de ces déclarations. Elle prend également la forme d’une critique adressée aux autorités gabonaises elles-mêmes.
En effet, Geoffroy Foumboula s’interroge sur ce qu’il considère comme une proximité persistante entre certains responsables publics et des activistes de la diaspora pourtant régulièrement accusés de tenir des propos injurieux. Il estime que les autorités accorderaient parfois une attention disproportionnée à ces personnalités, allant jusqu’à rechercher leur approbation ou leur soutien.
À l’appui de son argumentation, il évoque plusieurs épisodes qui auraient, de son point de vue, contribué à installer cette perception. Il affirme notamment qu’un activiste ayant auparavant tenu des propos insultants à l’encontre du chef de l’État aurait été reçu par celui-ci lors d’un séjour en France dans un contexte de réconciliation. Il soutient également que certains activistes de la diaspora auraient bénéficié d’invitations ou de prises en charge afin de se rendre au Gabon pour découvrir des réalisations du pouvoir et participer à l’inauguration du Palais des congrès. Enfin, lors de la récente visite d’État du président en France, certains d’entre eux auraient affirmé avoir été approchés par l’entourage présidentiel afin d’afficher publiquement leur soutien.
C’est précisément cette relation ambiguë que l’acteur civique invite le pouvoir à clarifier. À ses yeux, entretenir une proximité avec des personnalités qui bâtissent une partie de leur notoriété sur l’invective risque de leur donner le sentiment qu’elles bénéficient d’une forme de protection.
La polémique prend une dimension supplémentaire avec une affirmation particulièrement grave rapportée au cours de la conférence de presse. Selon le document dont nous avons obtenu copie, « Lanlaire » aurait lui-même affirmé, dans une vidéo, avoir reçu 150 000 euros (soit près de 100 millions de francs CFA) d’un membre de la délégation présidentielle afin d’insulter le chef de l’État. Aussi, Geoffroy Foumboula établit-il un rapprochement entre cette déclaration et les insultes proférées ultérieurement contre le président, son épouse et sa mère.
Outre cet aspect, Geoffroy Foumboula estime que la responsabilité des pouvoirs publics doit également être interrogée. Pour lui, l’absence de poursuites face à certaines dérives verbales répétées peut finir par produire un sentiment d’impunité chez leurs auteurs.
Ainsi, loin de demander une restriction générale de la liberté d’expression, l’acteur civique appelle les autorités à appliquer les textes existants lorsque des infractions sont susceptibles d’avoir été commises. Il considère que le retour à l’ordre constitutionnel après la période de transition implique également un retour au respect des institutions, des lois et des règlements. L’inclusion et la réconciliation, estime-t-il, ne doivent pas être interprétées comme une immunité accordée à ceux qui franchiraient les limites fixées par la loi.
Dès lors, son interpellation s’adresse directement aux autorités administratives et judiciaires. Leur silence, considère-t-il, pourrait contribuer à « banaliser et normaliser » les comportements qu’elles disent pourtant réprouver.
Mais Geoffroy Foumboula ne dédouane pas pour autant les internautes. Il interpelle également les Gabonais qui suivent massivement ces contenus, les partagent et contribuent ainsi à leur diffusion. Chaque partage, chaque relais et chaque interaction participe, selon son raisonnement, à amplifier des discours dont la viralité constitue précisément la principale force.
C’est pourquoi il invite les populations à se désabonner des comptes diffusant des contenus qu’il juge outrageants, à ne plus les partager et à les signaler sur les différentes plateformes numériques. Une manière, selon lui, de tarir l’audience dont se nourrissent certaines dérives.
Au fond, la sortie de Geoffroy Foumboula pose une question plus large sur l’évolution du débat public gabonais à l’ère des réseaux sociaux. Longtemps espace privilégié de contestation pour une diaspora éloignée des médias traditionnels, les plateformes numériques sont devenues un lieu central de confrontation politique. Or la frontière entre critique, satire, dénonciation, diffamation et injure y apparaît parfois particulièrement ténue.



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