Chargement en cours

Côte d’Ivoire : la Digital Farming School lance sa première promotion pour former les talents de l’agriculture numérique

Par Cadette Ondo Eyi 

La Digital Farming School (DFS) ouvrira, en novembre 2026 à Yamoussoukro, sa toute première promotion. Fruit d’une collaboration entre l’Université Mohammed VI Polytechnique et l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), avec le soutien d’OCP Africa, cette nouvelle école entend former une génération de techniciens spécialisés dans l’Agritech et la transformation numérique de l’agriculture africaine. Cinquante étudiants seront sélectionnés pour cette première cohorte et bénéficieront d’une prise en charge complète de leurs frais d’études pendant deux ans. 

À l’heure où l’agriculture africaine doit simultanément répondre aux défis de la croissance démographique, du changement climatique et de la souveraineté alimentaire, le numérique apparaît de plus en plus comme l’un des leviers de transformation du secteur. C’est précisément sur ce terrain que la Digital Farming School entend se positionner.

Installée à Yamoussoukro, la DFS accueillera sa première promotion en novembre prochain. Au terme de deux années de formation, les étudiants obtiendront un certificat de développeur spécialisé en Agritech. Pour cette première rentrée, l’établissement prévoit de sélectionner 50 étudiants dont les frais d’études seront entièrement pris en charge.

L’objectif affiché dépasse toutefois la simple maîtrise des outils numériques. L’école veut former des professionnels capables de comprendre les problématiques agricoles et d’y apporter des solutions technologiques adaptées aux réalités du terrain. Capteurs connectés, drones agricoles, plateformes de suivi des cultures, outils d’aide à la décision, automatisation et analyse des données figurent ainsi parmi les technologies auxquelles les futurs apprenants seront confrontés.

Cette orientation intervient alors que l’intelligence artificielle, l’agriculture de précision, les données satellitaires, l’Internet des objets ou encore la robotique modifient progressivement les méthodes de production. Parallèlement, ces transformations font émerger de nouveaux métiers exigeant des compétences à la croisée de l’agriculture et des technologies numériques.

Une formation largement tournée vers le terrain

Pour intégrer la Digital Farming School, les candidats devront être âgés de 18 à 35 ans et être titulaires d’un diplôme de niveau Bac+2 au minimum. Ils devront également manifester un intérêt pour l’agriculture numérique et l’innovation technologique.

Le processus de sélection comportera plusieurs étapes, notamment des tests en ligne et en présentiel. Les candidats passeront ensuite le « Self Assessment Skills » (SAS), une phase intensive de trois semaines destinée à les préparer et à évaluer leur capacité à s’engager dans la formation.

Surtout, la DFS entend rompre avec une approche exclusivement théorique. Son modèle pédagogique s’articulera autour de trois principes : le « Learning by Doing », le « Learning by Farming » et le « Peer Learning ». Autrement dit, les étudiants seront appelés à apprendre en faisant, en expérimentant directement dans l’environnement agricole et en partageant leurs connaissances.

Pour y parvenir, ils évolueront dans un dispositif comprenant des laboratoires technologiques, des plateformes numériques, une ferme expérimentale, un fablab et un incubateur. Ils devront notamment concevoir, tester puis améliorer des solutions répondant à des problèmes agricoles réels, en collaboration avec des producteurs, des chercheurs, des entreprises et d’autres acteurs de l’écosystème Agritech.

« Notre ambition est de rapprocher au maximum la formation des réalités du terrain », explique le Dr Koko Louis, directeur général de la DFS. Selon lui, les étudiants devront apprendre à « expérimenter, adapter et déployer les nouvelles technologies face à des problématiques agricoles réelles ». La ferme devient ainsi elle-même un espace d’apprentissage et d’innovation.

Au-delà de la formation des étudiants, la Digital Farming School nourrit également l’ambition de devenir progressivement un écosystème consacré à l’innovation agricole. Elle entend ainsi faire converger formation, recherche appliquée, expérimentation et entrepreneuriat, tout en développant des passerelles entre universités, centres de recherche, entreprises, startups et institutions.

Les candidatures sont ouvertes depuis le 7 septembre 2026. Les conditions d’admission, le calendrier de sélection et les modalités pratiques sont annoncés sur le site officiel de la Digital Farming School.

À travers cette première promotion, la DFS entend donc faire du numérique non pas une technologie déconnectée des réalités rurales, mais un instrument au service des producteurs et de la modernisation des systèmes agricoles africains. Un pari qui place la formation des compétences au cœur de la transformation agricole du continent.

Laisser un commentaire