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COMILOG : trois mois de tensions, une menace de grève et des réunions… pour 200 000 FCFA

Par la Rédaction

Le feuilleton social de la Comilog vient de connaître son épilogue. Après des semaines de négociations, un préavis de grève et une médiation au sommet de l’État, les organisations syndicales ont finalement accepté un compromis bien éloigné de leurs revendications initiales. Retour sur une négociation où le bruit aura été inversement proportionnel au résultat.

Il aura fallu mobiliser six organisations syndicales, agiter la menace d’une grève de dix jours, solliciter l’intervention du ministère du Travail et multiplier les réunions de médiation pour parvenir à un résultat qui laisse songeur : 200 000 FCFA supplémentaires par salarié.

Tout ça pour ça ?

Au départ, les ambitions étaient pourtant autrement plus élevées. Contestant les modalités de calcul de la prime liée aux résultats et à la performance, les syndicats réclamaient un complément de 1,5 million de FCFA par bénéficiaire, soit une enveloppe globale de plus de 3,1 milliards de FCFA.

Les salariés avaient déjà perçu 1,3 million de FCFA en juin. Mais pour les représentants syndicaux, le compte n’y était pas.

Le cœur du désaccord ? Un objectif de production de 7 millions de tonnes que les syndicats estimaient avoir été revu à la baisse en cours d’année.

Seulement voilà : les documents examinés lors de la médiation n’ont pas permis d’établir une quelconque révision formelle de cet objectif. Le médiateur a donc considéré que la revendication syndicale était dépourvue de fondement au regard des accords applicables.

De 1,5 million à 200 000 FCFA : l’art de négocier à la baisse

Dans un souci d’apaisement, la Direction a néanmoins accepté, après consultation de du Conseil d’administration, la proposition du médiateur d’accorder un complément exceptionnel de 200 000 FCFA par bénéficiaire.

Les syndicats ont tenté d’obtenir 300 000 FCFA supplémentaires, avant de finalement se rallier, le 9 octobre, à la proposition initiale.

Une sortie de crise, certes, mais beaucoup de bruit pour peu de résultats.

Car à force de passer plus de temps dans les salons feutrés de Libreville qu’au contact des réalités industrielles de Moanda, on finit par oublier une évidence : le manganèse ne se produit pas autour d’une table de négociation.

Pendant que les discussions s’éternisent, les impératifs de production et de compétitivité, eux, n’attendent pas. Dans une industrie minière confrontée à des défis économiques majeurs, ces interminables rapports de force ont un coût, ne serait-ce qu’en temps, en énergie et en attention détournée de l’essentiel.

Le nouveau Directeur général, attendu aux commandes de la Comilog en janvier 2027, aura donc du pain sur la planche. Au-delà des défis industriels, il lui faudra remettre le travail, la responsabilité et le mérite au cœur de l’entreprise, tout en tournant la page des guéguerres de personnes qui semblent parfois occuper davantage les esprits que les résultats.

Car à la Comilog, le prochain grand chantier ne sera peut-être pas seulement industriel. Il sera aussi culturel.

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