International: Voici la liste des 16 ressortissants camerounais morts sur le front de la guerre en Ukraine
Par Joseph Mundruma
Les autorités camerounaises ont officiellement confirmé la mort de 16 ressortissants camerounais engagés sur le front de la guerre en Ukraine. Il s’agit, en effet, d’une première reconnaissance publique de l’implication de citoyens du pays dans ce conflit opposant la Russie à l’Ukraine.
Selon des informations relayées par la RTS, les « 16 militaires contractuels de nationalité camerounaise exerçaient dans la zone d’opération militaire spéciale », appellation utilisée par Moscou pour désigner son offensive militaire en Ukraine. Cette précision figure dans une note du ministère camerounais des Relations extérieures, lequel accuse réception de la liste des défunts transmise par l’ambassade de Russie à Yaoundé.
Une vue du document


Pour l’heure, aucun détail n’a été communiqué ni sur les circonstances exactes, ni sur les dates des décès. Toutefois, les familles concernées ont été invitées à se rapprocher du ministère, à travers un communiqué diffusé lundi sur les antennes de la radio publique CRTV.
Jusqu’à présent, les autorités camerounaises n’avaient jamais reconnu officiellement la présence de leurs ressortissants dans les rangs engagés dans la guerre en Ukraine. Pourtant, depuis plusieurs mois, de nombreux médias africains et internationaux rapportaient déjà les témoignages de familles de jeunes Camerounais partis en Russie et dont certains auraient été enrôlés pour combattre.
Par ailleurs, selon les estimations ukrainiennes, près de 1 800 Africains auraient rejoint les forces russes depuis le début du conflit.
De son côté, mi-février, le collectif All Eyes on Wagner (AEOW) a publié une liste de 1 417 Africains enrôlés par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025 dans le cadre du conflit en Ukraine. Parmi eux, plus de 300 seraient décédés.
En outre, d’après cette organisation, les nationalités les plus représentées seraient les Égyptiens, les Camerounais et les Ghanéens.
Dans plusieurs cas, des ressortissants africains engagés dans cette guerre ont affirmé avoir été victimes de manipulations. Certains évoquent, notamment, des promesses de formations professionnelles, d’études ou d’emplois en Russie, lesquelles auraient finalement conduit à un enrôlement forcé dans l’armée russe.
Ainsi, au Kenya, la révélation de cas similaires avait suscité une vive émotion au sein de nombreuses familles et entraîné une réaction ferme des autorités.
D’ailleurs, lors d’un déplacement à Moscou le 16 mars dernier, le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a indiqué que la Russie avait accepté de cesser le recrutement de ressortissants kényans pour combattre en Ukraine.
Dès lors, la confirmation de la mort de 16 Camerounais risque de relancer le débat sur les filières de recrutement de jeunes Africains vers les zones de conflit, ainsi que sur la protection consulaire des ressortissants expatriés.
En définitive, alors que la guerre en Ukraine se poursuit, plusieurs gouvernements africains pourraient être amenés à clarifier leur position face à ce phénomène grandissant et aux drames humains qu’il engendre.



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