Métier/géotechnicien : le spécialiste du sol, de la durabilité des infrastructures et de la prévention des risques naturels
Par Cadette Ondo Eyi
Le géotechnicien est un professionnel du bâtiment et des travaux publics (BTP) qui étudie les sols et le sous-sol pour garantir la sécurité, la stabilité et la durabilité des ouvrages (bâtiments, routes, ponts, barrages, tunnels, etc.).
La géotechnique applique les sciences de la Terre (géologie, mécanique des sols et des roches) aux projets de construction. Le géotechnicien analyse la nature, la résistance et le comportement des terrains afin de définir les fondations adaptées et de prévenir les risques (tassements, glissements, affaissements, inondations, séismes…)
Vue d’un géotechnicien
Selon les phases du projet (avant, pendant, après les travaux), le géotechnicien peut en amont (études de sol) organiser et superviser des campagnes d’investigation (forages, sondages, essais in situ), prélever des échantillons, faire réaliser des analyses en laboratoire, interpréter les résultats. Il peut proposer des solutions de fondations (semelles, pieux, radiers, etc.), dimensionner les ouvrages géotechniques (soutènements, talus, excavations), réaliser des études de terrassement. Il peut également identifier et évaluer les risques géotechniques (stabilité des pentes, risques sismiques, mouvements de terrain), recommander des mesures de prévention. Il peut vérifier que les préconisations sont appliquées, contrôler le comportement des terrains pendant et après les travaux. Aussi, il peut rédiger des rapports d’étude, des notes techniques, des devis, répondre aux appels d’offres, conseiller les maîtres d’ouvrage, architectes et entreprises de construction. Enfin, il peut suivre les budgets, les plannings, les autorisations, la facturation et les prestataires.
Plusieurs niveaux de formation permettent d’accéder à ce métier, selon le poste visé (technicien, ingénieur, expert). Il faut être titulaire d’un BTS en géologie appliquée, un BTS en travaux publics, un DUT/BUT en génie civil option géotechnique. Par ailleurs, on peut aussi être titulaire d’une Licence professionnelle en Géosciences, Géologie appliquée, Génie civil. Pour les postes d’ingénieur/expert, il faut être titulaire d’un Master en Géotechnique, Géologie de l’ingénieur, Génie civil. Aussi, être Diplôme d’une école d’ingénieurs spécialisée en géotechnique, génie civil ou en géologie de l’ingénieur. Des certifications complémentaires (logiciels de modélisation, gestion des risques naturels, normes) sont souvent valorisées.
Le géotechnicien travaille principalement dans les bureaux d’études géotechniques, des entreprises de BTP/travaux publics (sur chantiers ou en support technique), dans les sociétés d’ingénierie (infrastructures, urbanisme, environnement), dans des carrières, mines, plateformes pétrolières avec des spécialisations. Il travaille aussi dans des collectivités, établissements publics pour l’aménagement, la prévention des risques. Parfois en laboratoires d’essais ou en recherche et développement. Son activité est très majoritairement dans la construction et les travaux publics, avec des variations selon la taille de l’entreprise et le type de projets (maisons individuelles vs grands ouvrages).
Le géotechnicien utilise à la fois des outils de terrain, de laboratoire et de bureau. Sur le terrain, il utilise des engins de forage et de sondage , des outils de prélèvement d’échantillons (carottiers, sondes, pénétromètres, etc.), des instruments de mesure (nivelle laser, GPS, inclinomètres, piézomètres, etc.). En laboratoire, il utilise des équipements d’essais mécaniques (compression, cisaillement, œdomètre, triaxial, etc.), appareils d’analyse granulométrique, teneur en eau, densité, etc. En bureau, il utilise des logiciels de modélisation géotechnique (Plaxis, GeoStudio, Talren, etc.), des logiciels de CAO/DAO (AutoCAD, Covadis, etc.), des tableurs et outils de traitement de données, SIG (systèmes d’information géographique).
Au Gabon, le cadre réglementaire des études géotechniques est le décret n°0272/PR/MM du 2 juin 2024 portant création, attributions et organisation de la Direction Générale de la Géologie et du Support Minier. Ce texte définit les missions de cette direction au sein du secteur des mines. Ses missions principales sont le suivi et le contrôle des activités de géologie. Réaliser les audits techniques des entreprises minières, assurer la recherche minière et la prospection générale.
Son obligation principale consiste à réaliser une étude préalable obligatoire. Tout projet de construction (bâtiments, routes, ponts, infrastructures diverses) doit être précédé d’une étude géotechnique réalisée par un professionnel qualifié. À l’issue de l’étude, le géotechnicien doit remettre une attestation de conformité géotechnique (ou certificat de conformité) qui atteste que le sol est apte à supporter l’ouvrage projeté. Ce document est exigé pour l’obtention du permis de construire auprès des autorités compétentes (mairie, direction de l’urbanisme, etc.). Les études doivent être menées selon des normes et cahiers des charges techniques (souvent alignés sur les normes internationales ou celles de la sous-région CEMAC), portant sur les essais de sol, les fondations, la stabilité des pentes, etc. Le géotechnicien engage sa responsabilité civile et professionnelle en cas de défaillance (fissures, tassements, effondrements). Une assurance à responsabilité civile professionnelle est souvent exigée, surtout pour les cabinets privés. Les laboratoires ou cabinets réalisant des études géotechniques doivent généralement être agréés ou reconnus par les autorités (Ministère en charge des Travaux publics, de l’Urbanisme, des Mines, selon le type de projet). Un agrément garantit la compétence technique et la conformité aux exigences légales.
Dans le cadre institutionnel et selon les documents associés, le ministère des Mines et des Ressources Géologiques et le ministère des Travaux publics ou de l’Urbanisme supervisent les aspects techniques et réglementaires liés aux études géotechniques. Le Code des marchés publics (décrets et arrêtés) peut préciser les exigences pour les projets publics (appels d’offres, laboratoires agréés, contrôles qualité). Des arrêtés et circulaires (certificats de conformité géotechnique) encadrent la délivrance des autorisations et les procédures de contrôle.
En pratique, le géotechnicien vérifie les exigences du projet (type d’ouvrage, financement public ou privé, zone géographique). Il s’assure que le cabinet ou le laboratoire est agrée pour ce type d’étude. Il réalise les essais in situ et en laboratoire (sondages, pénétrométrie, essais de cisaillement, etc.). Il rédige le rapport d’étude incluant l’interprétation des résultats, risques identifiés, recommandations de fondations, et attestation de conformité. Aussi, il transmet le dossier au maître d’ouvrage et aux autorités compétentes pour les démarches administratives (permis de construire, etc.)
En somme, le métier intègre aussi l’usage de tablettes, drones, capteurs connectés et la numérisation des rapports.



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