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Assurance santé : l’alerte de Rachir Aurat Rayta sur une menace silencieuse qui pèse sur le système de soins

Par M.S.R

Les difficultés financières que connaissent certaines structures sanitaires privées pourraient-elles à terme fragiliser l’ensemble du système de santé gabonais ? La question est désormais posée publiquement par Rachir Aurat Rayta, qui vient d’adresser une lettre ouverte au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin d’attirer son attention sur ce qu’il considère comme une menace systémique liée aux impayés accumulés dans le secteur de l’assurance santé.

Dans cette correspondance adressée au Chef de l’État, il affirme que les retards de paiement observés entre certaines assurances santé et les prestataires de soins ne constituent plus de simples dysfonctionnements administratifs ou comptables. Selon lui, la situation commence à produire des effets en cascade susceptibles d’affecter durablement l’équilibre financier et opérationnel de nombreuses structures médicales.

Au cœur de cette alerte figure la situation des cliniques privées, des pharmacies, des laboratoires d’analyses médicales et des cabinets de soins qui, selon lui, doivent faire face à des créances parfois anciennes tout en continuant à assurer leurs missions quotidiennes.

« Derrière chaque facture impayée, il y a des salaires qui peinent à être versés, des fournisseurs qui attendent leurs règlements, des investissements suspendus et des stocks de médicaments qui deviennent difficiles à renouveler », souligne-t-il.

Cette réalité économique placerait de nombreux responsables d’établissements sanitaires dans une situation particulièrement délicate. Contraints de poursuivre la prise en charge des patients tout en absorbant les retards de remboursement, plusieurs gestionnaires se retrouveraient confrontés à des tensions de trésorerie croissantes.

Pour Rachir Aurat Rayta, la question dépasse désormais le seul cadre financier. Elle touche directement à la capacité des structures de soins à maintenir leur activité, à préserver les emplois et à garantir la continuité des services médicaux offerts aux populations.

L’auteur de cette lettre dont notre Rédaction a obtenu copie estime que les conséquences potentielles de cette situation pourraient s’étendre à l’ensemble de la chaîne de soins.

Lorsqu’une clinique réduit son activité ou ferme ses portes, explique-t-il, ce sont non seulement des emplois qui disparaissent, mais également une partie de l’offre de soins qui s’amenuise. Les pharmacies, les laboratoires et les cabinets médicaux subiraient les mêmes contraintes, avec des répercussions directes sur l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge des patients.

Au-delà des aspects économiques, il évoque également les conséquences humaines de cette crise silencieuse. Le stress chronique, l’épuisement professionnel et les difficultés psychologiques auxquels seraient confrontés certains dirigeants d’établissements de santé constituent, selon lui, une dimension souvent ignorée du problème.

Le secteur privé, un partenaire stratégique

Dans son plaidoyer, Rachir Aurat Rayta insiste sur le rôle fondamental joué par le secteur privé dans l’écosystème sanitaire national.

Loin d’être un acteur périphérique, celui-ci participe quotidiennement à la prise en charge des populations, contribue à désengorger les structures hospitalières publiques et investit dans la création d’emplois ainsi que dans le développement de nouvelles capacités de soins.

À ses yeux, la réussite des politiques publiques en matière de santé dépend donc largement de la solidité financière des prestataires privés.

« Une assurance maladie a été créée pour protéger le système de santé. Lorsqu’elle n’arrive plus à remplir pleinement cette mission, elle risque involontairement de fragiliser les acteurs mêmes qu’elle est censée soutenir », prévient-il.

Face à cette situation, il invite les autorités à engager une réflexion de fond sur la gouvernance du système d’assurance santé.

Parmi les pistes avancées figurent notamment la mise en œuvre d’un plan national d’apurement des créances, la réalisation d’un audit complet des dettes accumulées, la création d’un mécanisme automatisé de paiement, la digitalisation intégrale des procédures de facturation et de règlement, ainsi que l’instauration d’un cadre permanent de dialogue entre les assurances et les prestataires de soins.

Il appelle également à une réforme plus globale de la gouvernance financière du système afin de prévenir la reconstitution de nouveaux arriérés.

À travers cette démarche, Rachir Aurat Rayta affirme ne pas vouloir opposer les acteurs du secteur aux institutions publiques. Son intervention se veut davantage une contribution au débat national sur l’avenir du système de santé gabonais.

Pour lui, la préservation des structures de soins constitue un enjeu stratégique qui dépasse les intérêts particuliers. Elle conditionne directement la capacité du pays à garantir un accès durable aux soins et à accompagner les ambitions de développement portées par les pouvoirs publics.

En sollicitant l’attention du président Brice Clotaire Oligui Nguema, il invite ainsi les autorités à anticiper une crise qu’il estime encore possible d’éviter, à condition que des réponses structurelles soient apportées rapidement aux difficultés de financement qui fragilisent aujourd’hui une partie du secteur sanitaire national.

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