Affaire Jérôme Désiré Itoka : la famille exclut toute inhumation sur le terrain litigieux du Camp de boy
Par Stive Roméo Makanga
De sources concordantes, la famille de Jérôme Désiré Itoka a formellement démenti les informations faisant état d’un projet d’inhumation du défunt sur la parcelle au cœur du contentieux foncier du Camp de Boys, au lieu-dit Venise, dans le premier arrondissement de Libreville. Cependant, les proches ont plutôt annoncé que la dépouille sera finalement transférée à Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, où l’inhumation doit avoir lieu.
Il faut dire que cette mise au point intervient alors que de nombreuses rumeurs circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux et dans certains milieux de la capitale. Au cours d’un entretien accordé, vendredi 24 juillet, à nos confrères de la Presse judiciaire gabonaise, la famille aurait reconnu que l’hypothèse d’une inhumation sur le terrain litigieux avait été brièvement envisagée après le décès de Jérôme Désiré Itoka, survenu le 4 juillet 2026.
Cette option aurait toutefois été abandonnée à la suite de l’intervention des autorités judiciaires. Selon les proches du défunt, la justice leur aurait indiqué qu’aucune inhumation ne pouvait être organisée sur cette parcelle, la famille ne disposant pas d’un titre foncier établissant ses droits de propriété sur le site.
Vue de la dépouille, telle que découverte il y a quelques jours
C’est pourquoi les intéressés ont affirmé avoir pris acte de cette position et disent désormais s’en remettre aux décisions des juridictions compétentes. Ils entendent ainsi dissiper toute ambiguïté sur le déroulement des obsèques et éviter que la cérémonie funéraire ne devienne un nouvel épisode du différend foncier.
Une inhumation prévue à Makokou
Le programme annoncé prévoit une levée du corps le 6 août à Libreville. La dépouille devrait ensuite être acheminée, le 7 août, vers Makokou, où Jérôme Désiré Itoka sera inhumé auprès des siens.
Cette décision vise à mettre un terme aux spéculations selon lesquelles la famille chercherait à utiliser les obsèques pour affirmer symboliquement une revendication sur le terrain contesté. Les proches reconnaissent que cette dimension symbolique avait nourri les premières réflexions, mais assurent désormais avoir renoncé à toute initiative contraire aux prescriptions de la justice.
Pour rappel, Jérôme Désiré Itoka avait été retrouvé sans vie à proximité immédiate de la parcelle litigieuse. Selon les informations communiquées par la famille, son corps se trouvait à l’extérieur de la clôture du terrain. Une enquête judiciaire avait depuis été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du décès.
Il faut préciser qu’à ce stade, les conclusions officielles de l’autopsie n’ont pas été rendues publiques. Aussi, la famille a-t-elle appelé à la prudence et invité l’opinion à ne pas confondre les faits établis avec les récits et accusations diffusés sans confirmation.
Une rencontre annoncée au parquet
Une nouvelle étape de la procédure est attendue ce mardi 28 juillet à 10 heures au parquet de Libreville. La rencontre devrait réunir les membres de la famille, les avocats des différentes parties, les représentants judiciaires concernés ainsi que les huissiers intervenant pour le compte de sieur Bakenda.
Selon les proches de Jérôme Désiré Itoka, cette réunion pourrait permettre de confronter les versions, de faire le point sur l’état des investigations et, éventuellement, de communiquer les résultats de l’autopsie.
L’affaire comporte en réalité plusieurs dossiers distincts. Le premier est foncier et porte sur la propriété d’une parcelle située dans le secteur de Batterie IV, dont le différend remonterait aux années 1980. Les héritiers de feu Jean-Claude Alloye contesteraient certaines opérations ayant abouti à la reconnaissance des droits revendiqués par les détenteurs successifs du terrain.
Le second volet est judiciaire et médico-légal. Il concerne exclusivement les causes de la mort de Jérôme Désiré Itoka et la recherche d’éventuelles responsabilités pénales. Pour l’heure, aucun élément officiel ne permet de tirer des conclusions définitives sur les circonstances du décès.
En démentant tout projet d’inhumation au Camp de Boys, la famille tente donc à raison, de séparer la question des obsèques du contentieux foncier. Reste désormais à connaître les conclusions de l’enquête, seules susceptibles d’éclairer les conditions dans lesquelles Jérôme Désiré Itoka a perdu la vie. Nous y reviendrons.



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