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AGASA : le SYNATA dénonce une « mutation-sanction » contre son secrétaire général et saisit l’Inspection du travail

Le climat social continue de se dégrader à l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA). Dans un communiqué publié le 10 juillet, le Syndicat national des travailleurs de l’AGASA (SYNATA) dénonce ce qu’il présente comme une mesure de représailles visant son secrétaire général, muté au lendemain de la publication d’un précédent communiqué mettant en cause la gestion financière de l’établissement. Le syndicat estime que cette décision constitue une atteinte à la liberté syndicale, évoque un « harcèlement professionnel continu » et annonce la saisine de l’Inspection du travail ainsi que du ministère en charge du Travail afin d’obtenir le respect des dispositions légales protégeant les représentants des travailleurs.

 

R/N°21/SYNATA/SG/

COMMUNIQUE

 

Le Bureau Exécutif du Syndicat National des Travailleurs de l’AGASA (SYNATA) porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale l’acte de représailles inacceptable dont fait l’objet son Premier Responsable.

 

Le 10 juillet 2026, soit le lendemain de la publication de notre communiqué dénonçant les dérives financières orchestrées au sein de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA), la Direction Générale a prononcé « l’affectation-sanction » du Secrétaire Général du SYNATA.

Cette proximité temporelle flagrante constitue un flagrant délit d’entrave à la liberté syndicale au sein de l’AGASA.

 

À cet égard, l’analyse de la chronologie des faits démontre que cette mesure n’a aucun lien avec l’intérêt du service, mais s’inscrit dans une politique d’extinction systématique de la voix syndicale.

En effet, En l’espace de douze (12) mois, entre juillet 2025 et juillet 2026, le Secrétaire Général a ainsi subi, à l’instar d’autres camarades, un déclassement continu : d’abord en juillet 2025 par la création arbitraire d’un poste de Chef de service des archives sans aucun rapport avec ses fonctions antérieures pour tenter de l’isoler ; puis en fin d’année 2025 par sa marginalisation durant près de trois mois comme Chef de bureau ANPI sur un poste en inadéquation manifeste avec son profil ; et enfin, ce 10 juillet 2026, par la Note de Service n°002788/MAEDR/SG/DG-AGASA portant mutation punitive au Bureau de Ntoum en qualité de simple « agent informatique », alors qu’il occupait légitimement les fonctions de Chef de service informatique au siège.

Pour parfaire l’absurdité de cette décision, il convient de souligner que ce bureau de Ntoum ne dispose que d’un seul ordinateur.

 

De surcroît, cette succession de trois affectations en un an, visant à éloigner l’intéressé de son cœur de métier et de sa base syndicale, caractérise un harcèlement professionnel continu qui sort du cadre d’une gestion normale des ressources humaines. Le SYNATA relève d’ailleurs l’hypocrisie manifeste de la Direction Générale puisque le 8 juillet 2026, le Directeur Général affirmait publiquement devant le personnel : « C’est pour cela que nous encourageons l’action syndicale au sein de l’agence », garantissant le droit de s’exprimer, y compris contre lui-même. Le SYNATA observe qu’il aura suffi de 48 heures pour que cet « encouragement » trouve sa traduction concrète : le bannissement de son Secrétaire Général à Ntoum. Si telle est la définition de la liberté syndicale à l’AGASA, le personnel est en droit de redouter ce que la Direction Générale réserve à ceux qu’elle entend sanctionner.

 

Or, ce règlement de comptes administratif contrevient de manière frontale à un ensemble de dispositions légales et conventionnelles convergentes du droit positif gabonais.

En premier lieu, les Accords Collectifs d’Établissement de l’AGASA interdit formellement à l’employeur de fonder ses décisions de gestion sur les opinions ou les activités syndicales des agents. En deuxième lieu, l’article 9 de la loi n°0022/2021 du 19 novembre 2021 portant Code du Travail en République Gabonaise prohibe toute discrimination directe ou indirecte fondée sur l’affiliation et l’activité syndicale dans l’évolution de la carrière, incluant de fait les décisions d’affectation.

Enfin, l’article 306 du même Code accorde un statut de protection renforcée aux dirigeants syndicaux contre toute mesure de nature à leur porter préjudice. En dégradant la situation professionnelle du Secrétaire Général au lendemain d’une prise de parole publique, la Direction Générale s’est donc placée, une fois de plus, en violation directe de la loi.

Il faut toutefois souligner que le présent communiqué ne constitue malheureusement pas une première dénonciation. Depuis plusieurs mois, notre organisation syndicale alerte, par voie de communiqués et de correspondances officielles, sur des pratiques de gestion de la Direction Générale qui s’écartent des textes en vigueur.

Force est de constater que ces dénonciations répétées n’ont, à ce jour, donné lieu à aucune mesure corrective de la part des autorités compétentes, qu’il s’agisse du Ministre de tutelle ou du Président du Conseil d’Administration. En l’absence de toute réponse institutionnelle sérieuse, ces dérives se poursuivent et semblent même s’aggraver.

Le SYNATA s’interroge d’ailleurs légitimement sur le fait que ces mesures successives, ciblant systématiquement les mêmes personnes, ne relèvent plus seulement de choix managériaux mais donnent l’apparence d’un différend devenu personnel, ce qui n’a absolument pas sa place dans la conduite d’une institution publique.

Par conséquent, ces affectations successives ont des incidences directes sur la situation professionnelle de l’intéressé et sur l’exercice normal de son mandat syndical, caractérisant une discrimination qu’aucune justification de service n’est venue établir à ce jour.

Pour autant, ces manœuvres grossières n’atteindront pas leur objectif. Aucune voie de fait ne saurait dispenser l’employeur du respect des textes qui protègent les représentants des travailleurs, ni faire fléchir notre contestation. Cette tentative d’intimidation renforce au contraire la détermination du Secrétaire Général et de l’ensemble de l’organisation syndicale à dénoncer, avec responsabilité et dans le strict respect de la légalité, les manquements constatés dans la gestion de l’Agence.

 

C’est pourquoi, face à cette situation, le SYNATA informe l’opinion publique qu’il déploie immédiatement les procédures administratives requises en saisissant formellement l’Inspection du Travail du ressort ainsi que le Ministre en charge du Travail, afin que les dispositions nécessaires soient prises face à cette situation.

 

Par la même occasion, le SYNATA tient à alerter l’opinion sur le fait que plusieurs procédures contentieuses relatives à des licenciements jugés abusifs sont d’ores et déjà pendantes devant les juridictions compétentes. Si ces procédures venaient à confirmer le caractère infondé des décisions prises, ce sont l’AGASA et, in fine, le contribuable gabonais qui supporteraient le coût financier exorbitant des dommages et intérêts résultant de choix de gestion contestables, pris par un seul individu sans considération pour les textes qu’il a pourtant la charge de faire appliquer.

 

Le SYNATA demeure convaincu que le respect des lois et des compétences constitue la seule voie permettant de préserver durablement la crédibilité et la performance de l’institution.

 

Fait à Libreville, le 10 juillet 2026

 

Pour le Bureau Exécutif

 

le Secrétaire Général du SYNATA

 

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