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Fer de Belinga : trois ans après son arrivée, Fortescue met en avant les fondations d’un projet minier hors norme

Par Stive Roméo Makanga

Trois ans après son implantation au Gabon, le groupe minier australien Fortescue estime avoir franchi une étape déterminante dans le développement du projet de fer de Belinga. Si aucun minerai n’a encore été extrait, l’entreprise considère que les travaux préparatoires engagés depuis 2023 témoignent d’une progression méthodique de ce qui demeure l’un des plus ambitieux projets miniers du pays. Entre investissements, infrastructures, campagnes de forages et montée en puissance des équipes locales, la société entend démontrer que l’exploitation d’un gisement de cette envergure commence bien avant l’entrée en production.

À l’occasion de la présentation, le 1er juillet 2026, du bilan de ses trois premières années d’activité dans la province de l’Ogooué-Ivindo, Fortescue a dressé un état des lieux des principales réalisations accomplies depuis la signature de sa convention minière avec l’État gabonais. L’entreprise met en avant un investissement cumulé supérieur à 250 milliards de FCFA, consacré essentiellement aux études techniques, aux infrastructures d’accès et aux travaux de reconnaissance géologique.

L’essentiel de cet effort financier a été orienté vers la préparation du futur complexe minier. Selon les données communiquées par l’entreprise, plus de 225 000 mètres linéaires de forages ont été réalisés ou programmés afin de préciser les caractéristiques du gisement, d’en évaluer les réserves exploitables et d’orienter les futurs choix techniques. Ces campagnes constituent une phase incontournable dans le développement d’un projet minier de dimension industrielle, où la qualité des données géologiques conditionne directement les investissements ultérieurs.

Au-delà des études, Fortescue souligne également l’importance des infrastructures déjà mises en place. Plus de 450 kilomètres de routes auraient été développés ou entretenus afin d’assurer l’accès aux différentes zones d’intervention, dans une région où les contraintes logistiques demeurent particulièrement fortes. L’entreprise indique également avoir installé plus de 900 places d’hébergement destinées à accueillir les équipes mobilisées sur le terrain, illustrant l’ampleur des moyens déployés avant même le démarrage de l’exploitation.

Le groupe insiste par ailleurs sur la dimension humaine du projet. Plus de 700 Gabonaises et Gabonais participeraient aujourd’hui directement aux différentes activités liées au développement de Belinga. Pour Fortescue, cette mobilisation traduit une volonté d’intégrer progressivement les compétences nationales dans les différentes phases du projet et de préparer les besoins en main-d’œuvre qui accompagneront, à terme, l’exploitation industrielle du gisement.

Cette montée en puissance s’inscrit dans le cadre de la convention minière conclue avec les autorités gabonaises, laquelle prévoit des investissements de plusieurs milliards de dollars au cours du cycle de vie du projet ainsi que la création de milliers d’emplois directs et indirects. Belinga est régulièrement présenté comme l’un des piliers de la stratégie nationale de diversification économique, dans un contexte où le Gabon cherche à valoriser davantage son potentiel minier et à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers.

Pour autant, l’enjeu demeure désormais celui du passage entre la phase préparatoire et le lancement effectif de la production. Les travaux réalisés depuis trois ans traduisent incontestablement une montée en puissance des capacités techniques et logistiques. Ils ne dissipent toutefois pas les attentes suscitées par l’entrée en exploitation du gisement, étape décisive qui permettra d’apprécier pleinement les retombées économiques, sociales et industrielles promises par ce projet stratégique.

En présentant ce premier bilan, Fortescue cherche ainsi à rappeler qu’un projet minier de cette ampleur ne se résume pas à l’extraction du minerai. Il repose d’abord sur un long processus de préparation, mobilisant des investissements considérables, des expertises techniques de haut niveau et des infrastructures lourdes. À Belinga, cette phase semble désormais solidement engagée. Reste à savoir à quel rythme elle débouchera sur la production industrielle attendue, dont dépend une part importante des ambitions minières affichées par le Gabon.

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