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Économie verte : le Gabon signe ses premiers accords de commercialisation de crédits carbone avec l’allemand SEFE

Par Joseph Mundruma

Le Gabon franchit une nouvelle étape dans la valorisation économique de son patrimoine forestier. Le 3 novembre 2026, le pays a conclu ses premiers accords de commercialisation de crédits carbone juridictionnels avec la société allemande SEFE (Securing Energy for Europe), détenue par l’État fédéral allemand. Une opération portant sur environ six millions de tonnes de CO₂ et qui positionne le pays comme le premier en Afrique à commercialiser ce type de crédits éligibles au programme international CORSIA.

Le Gabon entend désormais transformer davantage son capital naturel en opportunités économiques. C’est dans cette perspective que la République gabonaise a signé, mardi 3 novembre, ses premiers accords de commercialisation de crédits carbone juridictionnels avec SEFE, une société internationale spécialisée dans le secteur de l’énergie et détenue par l’État allemand.

Ces accords ont été conclus au nom de l’État gabonais par l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (AGADEV), avec le gouvernement allemand. L’annonce a été faite à travers un communiqué de la présidence de la République, lu par son porte-parole, Théophane Nzame-Nze Biyoghe.

Au-delà de leur dimension commerciale, ces engagements constituent une avancée pour la stratégie environnementale du Gabon. En effet, le pays devient, selon la communication officielle, le premier État africain à commercialiser des crédits carbone juridictionnels issus de la préservation de ses forêts et répondant aux critères du programme CORSIA. Ce dispositif international, consacré à la compensation des émissions de carbone dans le transport aérien, figure parmi les mécanismes les plus exigeants en matière de certification environnementale.

Concrètement, la transaction porte sur la valorisation d’environ six millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO₂). Pour garantir la crédibilité de cette opération, les accords prévoient des mécanismes rigoureux de vérification et de traçabilité destinés à assurer l’intégrité environnementale des crédits commercialisés. Les premières livraisons sont, quant à elles, attendues au plus tard au premier trimestre 2027.

Toutefois, au-delà de la signature des accords, la question de la gestion des revenus générés constitue un enjeu majeur. Sur ce point, la présidence de la République indique que les recettes revenant à l’État seront cantonnées dans l’attente de l’entrée en vigueur du cadre réglementaire national encadrant cette nouvelle activité.

Ce dispositif doit notamment définir les modalités de gestion et de répartition des bénéfices. Il prévoit également un mécanisme de partage avec les communautés, afin que les populations concernées puissent bénéficier des retombées économiques issues de la valorisation du patrimoine forestier national.

Par ailleurs, les autorités ont tenu à lever toute ambiguïté sur la portée de ces accords. Le porte-parole de la présidence a notamment insisté sur le fait que cette commercialisation ne signifie nullement une cession du patrimoine naturel gabonais. « Le Gabon ne vend ni ses terres ni ses forêts », a-t-il précisé, soulignant que la propriété et la gestion du patrimoine forestier demeurent pleinement entre les mains de l’État.

Ainsi, cette première opération s’inscrit dans la vision du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui ambitionne de diversifier l’économie nationale en s’appuyant notamment sur les ressources naturelles et les activités durables.

Reste désormais à concrétiser les engagements commerciaux et à mettre en place les mécanismes réglementaires annoncés. Car, au-delà de la reconnaissance internationale que représente cette opération, son véritable enjeu résidera dans la capacité du Gabon à convertir la préservation de ses forêts en revenus durables, tout en garantissant une redistribution transparente et équitable des bénéfices au profit de l’économie nationale et des communautés.

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