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Éducation : près de 5 000 enseignants manquent encore dans les établissements publics

Par Stive Roméo Makanga

Le système éducatif gabonais fait face à un déficit important de personnel enseignant. En mai 2026, le ministère de l’Éducation nationale estimait à près de 5 000 le nombre d’enseignants manquants dans les établissements publics. Un chiffre qui permet de mesurer l’ampleur du défi auquel l’État doit encore répondre, malgré les recrutements et les opérations de régularisation engagés depuis le début de l’année.

Ce déficit intervient alors que le gouvernement a engagé plusieurs mesures pour renforcer les effectifs. En janvier 2026, 1810 enseignants avaient notamment achevé leur formation et obtenu leur certification, avec pour objectif affiché de renforcer le personnel pédagogique et de réduire le déficit dans les établissements publics.

Cependant, quelques mois plus tard, le ministère faisait toujours état d’un besoin de près de 5000 enseignants. Cette situation montre que le recrutement de nouveaux personnels ne suffit pas, à lui seul, à résorber rapidement les besoins du système éducatif.

La question est également liée à la situation administrative d’une partie des enseignants déjà en activité. Selon le bilan présenté par le ministère en mai, 1810 enseignants bénévoles avaient été recensés, parmi lesquels 721 avaient été mis en solde. Sur les 750 chômeurs concernés par les opérations de régularisation, 627 avaient également été pris en compte, tandis que 168 enseignants de la promotion 2025, sur 414, avaient été mis en solde.

À ces mesures s’ajoute le recrutement de plus de 900 professeurs de sciences, dont certains étaient encore engagés dans des formations complémentaires. Le gouvernement avait par ailleurs évoqué des promotions pouvant atteindre 1200 enseignants, présentées comme un niveau inédit jusque-là.

Le problème ne se limite donc pas à la création de nouveaux postes. Il concerne aussi la répartition des enseignants sur le territoire, leur affectation dans les disciplines déficitaires et la régularisation de ceux qui exercent déjà dans les établissements publics.

La question des ressources humaines dans l’éducation n’est d’ailleurs pas nouvelle. Des documents de planification antérieurs faisaient déjà état d’un déficit d’enseignants, particulièrement marqué dans certaines disciplines scientifiques. Un document du Plan d’accélération de la transformation indiquait ainsi un déficit estimé à 1365 enseignants en 2020, dont 1333 dans l’enseignement général et 32 dans l’enseignement technique.

L’écart entre cette estimation de 2020 et les près de 5000 enseignants manquants annoncés en 2026 mérite donc d’être documenté. Il pose notamment la question de l’évolution des effectifs scolaires, des départs à la retraite, des recrutements effectués ces dernières années et de la répartition géographique des personnels.

Pour le gouvernement, les recrutements engagés constituent une réponse à ce déficit. Pour autant, le chiffre de près de 5000 enseignants encore nécessaires montre que le chantier demeure important.

Au-delà des annonces, l’enjeu sera désormais de déterminer où se trouvent précisément les besoins, dans quelles matières et dans quelles provinces. La publication de données détaillées sur les effectifs enseignants et les postes effectivement pourvus permettrait de mesurer, année après année, les progrès réalisés dans la réduction de ce déficit.

Pour l’école publique gabonaise, la question n’est donc plus seulement celle du recrutement. Elle est aussi celle de la capacité de l’État à disposer, dans chaque établissement et dans chaque discipline, du nombre d’enseignants nécessaire pour assurer la continuité et la qualité de l’enseignement.

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