Chargement en cours

International/Le Venezuela claque la porte de la CPI en dénonçant un déséquilibre au détriment du Sud global

Par Cadette Ondo Eyi 

Le Venezuela a annoncé, vendredi 24 juillet, sa décision de se retirer « de manière définitive » de la Cour pénale internationale (CPI), marquant une nouvelle étape dans les tensions opposant Caracas à la juridiction internationale. Cette annonce a été faite par le ministre des Affaires étrangères, Felix Plasencia, sur le réseau social X, précisant que cette décision avait été prise « sur instructions de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez ».

Selon le communiqué officiel, le gouvernement vénézuélien a notifié au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, sa volonté de dénoncer le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI. Les autorités de Caracas qualifient leur décision de « ferme et irrévocable », traduisant une rupture assumée avec l’institution judiciaire internationale.

Le Venezuela justifie ce retrait par ce qu’il considère comme un « biais géographique avéré » dans les activités de la CPI. Le texte officiel dénonce une concentration disproportionnée des enquêtes sur les pays africains et latino-américains, estimant que cette orientation révèle une justice « instrumentalisée » et contraire au principe d’équité entre les nations. Caracas affirme ainsi que l’action de la Cour contribue à « approfondir les inégalités entre les peuples » et à porter atteinte à leur souveraineté.

Cette décision intervient dans un contexte de relations particulièrement dégradées entre le Venezuela et la CPI. Depuis 2018, le pays fait l’objet d’une enquête portant sur de possibles crimes contre l’humanité, notamment à la suite de la répression des manifestations de 2017, qui avaient fait une centaine de morts. La Cour s’intéresse également aux événements liés à la réélection contestée de Nicolas Maduro en 2024, ainsi qu’aux violences ayant suivi ce scrutin.

Les autorités vénézuéliennes ont toujours rejeté ces accusations, dénonçant une procédure qu’elles jugent infondée et politiquement motivée. Dès 2021, Delcy Rodriguez, alors vice-présidente, avait qualifié l’enquête de « grande farce », affirmant que l’État vénézuélien avait agi pour préserver « la paix et la tranquillité » face à des manifestations jugées violentes.

Les tensions se sont encore accrues en décembre 2025, lorsque le bureau du procureur de la CPI a décidé de fermer son bureau de liaison à Caracas, invoquant un manque de coopération de la part des autorités locales. Par ailleurs, l’ancien chef de l’État vénézuélien, capturé par les États-Unis le 3 janvier, doit être jugé à New York le 1er juin 2027, dans une affaire distincte.

Le retrait du Venezuela de la CPI, s’il est effectivement mené à son terme, pourrait avoir des conséquences importantes sur le déroulement des enquêtes en cours et sur les relations entre Caracas et la communauté internationale. Il soulève également des interrogations quant à l’avenir de la justice pénale internationale et à son acceptation par certains États du Sud global.

Laisser un commentaire