Le Gabon suspend l’envoi de nouveaux étudiants boursiers en France
Par Cadette Ondo Eyi
La directrice générale de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), Paule Élisabeth Désirée Mboumba Lassy, a annoncé, le mercredi 29 juillet sur le plateau de l’émission « Plateau Spécial » diffusée sur Gabon 24, la cessation de l’envoi de nouveaux étudiants boursiers vers la France. Cette décision marque un tournant significatif dans la politique de mobilité académique du Gabon.
Cette mesure intervient dans un contexte de durcissement des conditions d’accueil des étudiants étrangers en France. En effet, les autorités françaises ont récemment relevé le montant minimum de ressources exigé pour séjourner sur leur territoire, le faisant passer de 615 euros à 877,5 euros mensuels, soit une augmentation de 43%. Une évolution qui alourdit considérablement le coût des études pour les étudiants internationaux et, par conséquent, pour les États qui en assurent le financement.
Dès la prochaine rentrée académique, aucun nouveau départ financé par l’État gabonais ne sera autorisé vers la France. Toutefois, l’ANBG a opté pour une approche différenciée afin de préserver certains parcours jugés stratégiques. Ainsi, les étudiants engagés dans des cycles d’ingénieur, de doctorat ou encore de médecine pourront poursuivre leur formation sur le territoire français.
Par ailleurs, une attention particulière est accordée aux étudiants en fin de cycle. Ceux inscrits en troisième année de licence, par exemple, seront autorisés à achever leur cursus en France. En revanche, les étudiants en début de parcours, notamment en première et deuxième années, devront envisager une réorientation vers d’autres destinations académiques.
Dans cette optique, l’ANBG a engagé des discussions avec plusieurs pays afin de diversifier les opportunités de formation offertes aux étudiants gabonais. Parmi les alternatives envisagées figurent le Gabon lui-même, ainsi que des pays africains tels que le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Les étudiants concernés bénéficieront d’un accompagnement spécifique et disposeront des mois d’août et de septembre pour organiser leur transfert, sous la coordination de l’Agence.
Cette nouvelle orientation concerne également les nouveaux bacheliers de la session 2026, pour lesquels aucune bourse à destination de la France ne sera accordée. Cette décision s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis deux ans, visant à réduire progressivement la dépendance à l’égard de cette destination traditionnelle.
À travers cette réforme, les autorités gabonaises entendent adapter leur politique de financement aux contraintes budgétaires nationales tout en élargissant le champ des partenariats académiques. La France, longtemps privilégiée, cède ainsi progressivement sa place à d’autres horizons éducatifs, dans une stratégie de diversification assumée.



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