Oligui Nguema serre la vis des régies financières : audit des exonérations, digitalisation et discipline budgétaire au cœur de la réforme
Par Stive R. Makanga
Réuni en Conseil de cabinet avec les directeurs généraux des régies financières, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fixé un nouveau cap en matière de gouvernance économique. Audit des exonérations fiscales et douanières, renforcement de la mobilisation des recettes, digitalisation des administrations financières, maîtrise de la dette publique et suivi mensuel des performances : le chef de l’État entend instaurer une culture du résultat afin de doter le Gabon des ressources indispensables à son développement.
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a présidé ce mercredi 8 juillet 2026 un Conseil de cabinet réunissant les directeurs généraux des différentes régies financières. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la réforme de la gouvernance des finances publiques, avec une ambition clairement affichée : garantir à l’État les ressources nécessaires pour financer les priorités nationales tout en maintenant le rythme des grands projets de développement.
À travers cette réunion de haut niveau, le chef de l’État a rappelé que la performance des administrations financières constitue désormais un levier essentiel de la politique publique. L’objectif est d’accroître durablement les recettes de l’État, d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques et de renforcer la crédibilité financière du Gabon auprès de ses partenaires.
Les exonérations fiscales dans le viseur
Au cœur des échanges figurait la question sensible des exonérations fiscales et douanières, dont le coût pour les finances publiques fait régulièrement l’objet de débats.
Après une analyse approfondie de la mobilisation des recettes et de l’impact économique de ces dispositifs, Brice Clotaire Oligui Nguema a ordonné la réalisation d’un audit exhaustif des exonérations accordées par l’État.
Cette démarche vise à distinguer les avantages fiscaux qui demeurent économiquement justifiés de ceux qui, bien qu’arrivés à échéance, continuent de priver indûment le Trésor public de ressources substantielles.
Au-delà de la seule recherche de recettes supplémentaires, cette décision traduit la volonté des autorités de rationaliser les politiques d’incitation économique, en veillant à ce qu’elles répondent effectivement aux objectifs de création d’emplois, d’investissement et de développement national.
La digitalisation comme moteur de performance
Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’accélérer la modernisation de l’administration financière.
À cet effet, il a souligné l’importance stratégique de la digitalisation des régies financières et de l’interconnexion de leurs systèmes d’information.
Cette transformation numérique devrait permettre d’améliorer les performances de collecte, de limiter les pertes de recettes, de renforcer la transparence des opérations financières et d’accroître l’efficacité globale de l’action publique.
Pour l’exécutif, la modernisation des outils de gestion apparaît désormais comme une condition indispensable à l’amélioration de la gouvernance budgétaire.
Une vigilance accrue sur la dette publique
Autre priorité fixée lors de cette réunion : la soutenabilité de la dette publique.
Le chef de l’État a instruit les directeurs généraux des régies financières de mettre en œuvre une stratégie rigoureuse destinée à garantir une gestion maîtrisée de l’endettement national.
L’enjeu dépasse la seule stabilité budgétaire. Il s’agit également de consolider la crédibilité financière du Gabon auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que des bailleurs de fonds internationaux, dans un contexte où les exigences de discipline budgétaire deviennent de plus en plus déterminantes pour l’accès aux financements.
Des recettes au service des populations
Si ces orientations relèvent avant tout de la gestion des finances publiques, leurs effets attendus concernent directement le quotidien des Gabonais.
Le président de la République a rappelé que chaque ressource supplémentaire mobilisée devra contribuer au financement des secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé, les infrastructures routières, l’accès à l’eau potable, à l’électricité ainsi qu’au renforcement des services publics de base.
Cette approche traduit une volonté de faire de la mobilisation des recettes un instrument au service de l’amélioration des conditions de vie des populations, plutôt qu’un simple exercice comptable.
Un Conseil de cabinet désormais mensuel
Dans le souci d’assurer un pilotage plus étroit des finances publiques, Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé d’institutionnaliser ce Conseil de cabinet, qui se réunira désormais chaque mois.
Ces rencontres permettront d’évaluer régulièrement la mobilisation des recettes, le niveau d’exécution budgétaire ainsi que la gestion de la dette publique.
À terme, cette méthode de suivi fondée sur des indicateurs de performance sera progressivement étendue à d’autres secteurs stratégiques, parmi lesquels la santé, l’éducation, les travaux publics, l’eau et l’énergie.
Vers une gouvernance fondée sur les résultats
À travers cette initiative, le chef de l’État confirme son intention d’inscrire durablement l’action gouvernementale dans une logique de performance, de responsabilité et de redevabilité.
En instaurant un contrôle régulier des administrations financières et en exigeant des résultats mesurables, Brice Clotaire Oligui Nguema entend renforcer l’efficacité de la gestion publique tout en assurant une utilisation plus rigoureuse des ressources nationales.
Cette nouvelle méthode de gouvernance traduit une conviction : dans un contexte de fortes attentes sociales et de besoins importants en investissements publics, la qualité de la mobilisation et de la gestion des ressources financières demeure l’une des principales conditions du développement durable du Gabon.



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