Oyem : un jeune de 25 ans interpellé avec des ossements humains déterrés dans un cimetière de Bambouchine
Par Joseph Mundruma
Une nouvelle affaire de trafic présumé d’ossements humains vient de secouer la province du Woleu-Ntem. À Oyem, deux jeunes hommes ont été interpellés par les forces de sécurité après la découverte d’un squelette humain partiellement reconstitué dans un sac de voyage. Cette affaire, désormais entre les mains du parquet de la République, ravive les inquiétudes autour d’un phénomène criminel particulièrement sensible au Gabon : le commerce illicite de restes humains à des fins encore indéterminées.
Selon le journal L’Union, qui a publié cette information, les premiers éléments de l’enquête indiquent que les faits remontent au 10 juillet dernier. Les services du commissariat central d’Oyem auraient été alertés par un signalement anonyme faisant état d’un individu transportant des ossements humains qu’il tentait de vendre. Informé, le parquet de la République a immédiatement saisi la Brigade anti-criminalité (BAC), chargée de conduire les investigations.
Quelques heures plus tard, les enquêteurs interpellent un jeune homme de 25 ans au poste de contrôle de Nkolayop, sur l’axe Oyem-Mitzic. La fouille de son bagage permet la découverte d’un crâne, d’une mandibule, de plusieurs os longs, d’un bassin ainsi que d’autres restes humains. À ses côtés se trouvait un second individu, présenté par les enquêteurs comme un intermédiaire présumé chargé de faciliter la transaction.
Les premières auditions auraient permis d’orienter les enquêteurs vers un troisième protagoniste, soupçonné d’être à l’origine de l’exhumation du squelette dans un cimetière situé à quelques kilomètres d’Oyem. Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’identité de cette personne, d’établir l’origine exacte des ossements et de vérifier l’existence éventuelle d’un réseau plus structuré opérant dans la région.
Cette affaire soulève plusieurs interrogations. Au-delà de la qualification pénale des faits, les enquêteurs devront établir si ces ossements étaient destinés à des pratiques criminelles, à des rituels occultes ou à un trafic organisé alimentant un marché clandestin. Dans plusieurs pays d’Afrique centrale, des dossiers similaires ont déjà mis en évidence l’existence de filières de profanation de sépultures et de commerce illicite de restes humains, même si, à ce stade, aucun élément ne permet de relier l’affaire d’Oyem à un réseau transfrontalier.
L’émotion est d’autant plus vive que les atteintes aux sépultures touchent directement aux croyances, aux traditions et au respect dû aux défunts. Dans de nombreuses communautés gabonaises, la profanation d’une tombe constitue non seulement une infraction pénale, mais également une grave transgression des valeurs culturelles et spirituelles.
Les autorités judiciaires n’ont, pour l’heure, livré aucune conclusion définitive. Les deux suspects bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision de justice. L’enquête devra notamment déterminer les responsabilités de chacun, identifier d’éventuels commanditaires et préciser la destination réelle des ossements saisis.



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