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TRIBUNE LIBRE/DE LA DÉRIVE À LA SUBVERSION DU DROIT: Quand l’invective menace l’ordre républicain

L’espace public et le débat démocratique ne sauraient devenir le théâtre d’un déversement continu d’outrages et d’attaques personnelles.

Les récents propos tenus par l’activiste Lanlaire à l’encontre du Président de la République et de la mère de la Première Dame dépassent largement le cadre légitime de la contradiction politique. Ils s’aventurent sur le terrain de la pure animosité personnelle et de la diffamation.

En matière de libertés publiques, le principe cardinal du droit français, posé de longue date par la jurisprudence administrative et résumé par la célèbre formule du commissaire du gouvernement Corneille, rappelle que « la liberté est la règle, la police l’exception ».

Ce principe fondamental garantit à chaque citoyen le droit de critiquer, de contester et d’exprimer des opinions dissidentes à l’égard des gouvernants. L’expression politique bénéficie, à ce titre, d’une protection constitutionnelle et conventionnelle renforcée.

Cependant, ce même cadre juridique enseigne que nulle liberté n’est absolue. L’exercice des libertés publiques trouve sa limite immédiate et nécessaire dans le respect de l’ordre public, de la dignité humaine et des droits d’autrui.

La liberté d’expression s’arrête là où commencent l’injure publique, l’atteinte à la vie privée et la déstabilisation gratuite des institutions républicaines.

Attaquer le chef de l’État dans des termes qui relèvent de l’outrage, et s’en prendre de surcroît à un membre de sa famille qui n’exerce aucune fonction politique, ne relève pas de l’usage d’une liberté. C’est un dévoiement de la règle de droit.

Prétendre se draper dans la liberté d’expression pour légitimer des attaques _ad hominem_ constitue une imposture juridique. L’exception policière et judiciaire — c’est-à-dire la répression légitime par l’État — devient alors pleinement applicable pour rétablir l’équilibre rompu par l’excès.

Face à ces dérives, l’indignation ne doit pas seulement être morale ; elle doit être juridique et institutionnelle. Le respect dû aux institutions républicaines et à la considération des personnes doit être fermement rappelé, afin que l’arène publique demeure un lieu de débat d’idées, et non un déversoir d’invectives.

 

JOVANNY MOUBAGNA

Juriste Publiciste, Chercheur et Acteur Politique

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