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Transition politique : le modèle gabonais désormais étudié par l’Union africaine et les Nations Unies

Par Stive Roméo Makanga 

Le Gabon s’impose progressivement comme une référence continentale en matière de transition politique. Reçu par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, une mission conjointe de l’Union africaine (UA) et des Nations Unies (ONU) est venue s’imprégner de l’expérience gabonaise afin d’accompagner le processus de refondation institutionnelle engagé à Madagascar. Une démarche qui consacre la reconnaissance internationale des réformes conduites depuis août 2023.

Le parcours de la transition gabonaise continue de susciter l’intérêt au-delà des frontières nationales. Près de trois ans après le lancement du processus ayant conduit au rétablissement de l’ordre constitutionnel, le Gabon accueille désormais des délégations internationales venues étudier les mécanismes qui ont permis cette évolution politique.

C’est dans cette dynamique que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une mission conjointe de l’Union africaine et des Nations Unies, conduite par Mohamed Idrissa Farah, Envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour la République de Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies auprès de l’Union africaine.

Le Gabon, une source d’inspiration pour Madagascar

Cette mission s’inscrit dans le cadre du processus de refondation institutionnelle engagé par la République de Madagascar. L’objectif est clairement affiché : s’inspirer de l’expérience gabonaise afin d’accompagner les réformes que les autorités malgaches entendent conduire dans les prochains mois.

Une vue des échanges 

Ce déplacement illustre également la volonté des deux organisations internationales de favoriser le partage d’expériences entre États africains confrontés aux mêmes défis institutionnels. Pour l’Union africaine comme pour les Nations Unies, la consolidation de la paix, de la stabilité politique et de la bonne gouvernance passe aussi par la diffusion des bonnes pratiques observées sur le continent.

Les enseignements d’une transition

Au cours des échanges, le chef de l’État a présenté les principaux fondements de la transition gabonaise.

Brice Clotaire Oligui Nguema est revenu sur les choix qui ont jalonné cette période, notamment l’adoption d’une démarche inclusive, le respect du calendrier annoncé dès le début du processus, l’organisation d’un dialogue national participatif ainsi que la préservation permanente de la paix, de la cohésion sociale et de l’unité nationale.

Selon le président de la République, ces principes ont constitué les piliers d’une transition qui a conduit à l’organisation d’élections qualifiées de libres, transparentes et crédibles, permettant le retour à l’ordre constitutionnel et la restauration des institutions républicaines.

Au-delà du calendrier politique, les autorités gabonaises ont également présenté les réformes engagées depuis 2023.

Celles-ci ont porté notamment sur la modernisation des institutions, le renforcement de la transparence électorale ainsi que la consolidation de la souveraineté nationale.

Pour l’exécutif, ces transformations ont permis de restaurer progressivement la confiance entre les citoyens et les institutions, tout en jetant les bases d’une gouvernance davantage fondée sur l’efficacité, la responsabilité et l’inclusion.

À l’issue de cette rencontre, les représentants de l’Union africaine et des Nations Unies ont salué les résultats obtenus par le Gabon.

Ils ont estimé que cette expérience constitue désormais une référence pour les États africains engagés dans des processus similaires de transformation institutionnelle. Une appréciation qui conforte la place du Gabon dans les réflexions continentales consacrées aux transitions politiques et à la consolidation démocratique.

Cette reconnaissance intervient alors que Madagascar poursuit son propre processus de refondation sous l’autorité du président, le colonel Michaël Randrianirina.

Lors de son récent séjour à Libreville, ce dernier avait d’ailleurs exprimé son intérêt pour les acquis de la transition gabonaise et sa volonté d’en tirer des enseignements dans la conduite des réformes engagées dans son pays.

Le processus malgache prévoit notamment une réforme constitutionnelle, l’organisation d’un dialogue national inclusif ainsi que la tenue d’échéances électorales destinées à consolider le retour à l’ordre constitutionnel.

En choisissant Libreville comme cadre de cette mission d’étude, l’Union africaine et les Nations Unies envoient un signal politique fort. Au-delà de l’accompagnement de Madagascar, elles réaffirment leur volonté de promouvoir la coopération entre États africains autour des expériences jugées concluantes en matière de gouvernance et de réformes institutionnelles.

Pour le Gabon, cette visite revêt une portée symbolique importante. Elle traduit la reconnaissance, par les principales organisations internationales, des avancées réalisées depuis 2023 et conforte l’image d’un pays dont l’expérience est désormais considérée comme une source d’inspiration pour d’autres États engagés sur la voie de la refondation institutionnelle. Une évolution qui contribue à renforcer la visibilité diplomatique du Gabon sur la scène africaine, où les questions de stabilité politique, de gouvernance et de consolidation démocratique demeurent au cœur des priorités.

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