Chargement en cours

Chine : certains doctorants pourront désormais obtenir leur diplôme grâce à une innovation plutôt qu’à une thèse

Par Stive Roméo Makanga

La Chine poursuit la transformation de son système d’enseignement supérieur afin de le rapprocher davantage des besoins de son industrie et de son ambition technologique. Désormais, certains doctorants inscrits dans des filières d’ingénierie pourront obtenir leur diplôme non plus exclusivement sur la base d’une thèse académique, mais en présentant une innovation technologique, un produit concret ou un procédé industriel répondant à des critères scientifiques rigoureux.

Contrairement aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux affirmant que « la Chine supprime les thèses de doctorat », la réforme ne concerne pas l’ensemble des étudiants en doctorat. Les doctorats en médecine, en droit, en sciences humaines, en économie ou encore dans les sciences fondamentales continuent d’exiger la rédaction d’une thèse traditionnelle.

Cependant, la mesure s’inscrit dans le cadre de la nouvelle loi chinoise sur les diplômes, entrée en vigueur en 2025. Celle-ci ouvre une voie alternative principalement destinée aux doctorants en ingénierie, dont les travaux sont directement liés à la recherche appliquée et au développement industriel.

L’objectif poursuivi par Pékin est clair : accélérer le transfert des découvertes scientifiques vers l’économie réelle. Dans un contexte de compétition technologique mondiale, la Chine entend former davantage d’ingénieurs capables de produire des innovations immédiatement exploitables dans des secteurs stratégiques tels que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les nouveaux matériaux, l’aérospatiale ou encore les technologies de pointe.

Pour autant, cette évolution ne signifie pas un allègement des exigences académiques. Les candidats devront toujours démontrer l’originalité scientifique de leur travail, défendre leur réalisation devant un jury et prouver que leur innovation apporte une contribution réelle aux connaissances ou au développement industriel. L’obtention du doctorat demeure ainsi soumise à une évaluation scientifique particulièrement exigeante.

Cette réforme traduit une évolution plus profonde de la conception du doctorat. Alors que les universités ont longtemps privilégié la production de connaissances théoriques à travers la rédaction d’une thèse, la Chine cherche désormais à renforcer les passerelles entre recherche, innovation et industrie. L’objectif n’est plus seulement de publier des travaux scientifiques, mais également de transformer les résultats de la recherche en technologies, brevets, procédés industriels et produits commercialisables.

Cette orientation répond également aux défis auxquels le pays est confronté dans le contexte des tensions technologiques internationales. En misant sur la recherche appliquée, Pékin espère renforcer son autonomie scientifique et accélérer l’émergence d’innovations nationales susceptibles de soutenir sa compétitivité économique.

Laisser un commentaire

NE MANQUEZ PAS