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Gabon/réforme institutionnelle : deux jours de réflexion pour refonder l’architecture de l’État 

Par Cadette Ondo Eyi 

Le Gabon a engagé, le lundi 5 octobre courant à Libreville, une réflexion de fond sur la rationalisation de son organisation institutionnelle. Ouvert au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de la Cité de la Démocratie par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le séminaire consacré à la simplification de l’architecture institutionnelle du Gabon, qui s’achèvera le mardi 6 octobre, entend traduire concrètement les orientations de la circulaire présidentielle du 8 mai 2025 relatives à l’organisation et à la méthode de travail du Gouvernement sous la Ve République.

Organisée par le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions, cette rencontre intervient dans le prolongement de la nouvelle Constitution et de la réorganisation de l’État qu’elle a consacrée. Après une première année de fonctionnement des institutions issues de cette réforme, le Gouvernement entend désormais procéder à un examen approfondi de leur articulation, de la répartition des compétences et de l’efficacité des mécanismes de décision publique.

Une vue des principaux séminaristes

La démarche vise notamment à identifier les chevauchements de compétences, les doublons organisationnels ainsi que les éventuelles zones de friction susceptibles d’entraver la célérité et la lisibilité de l’action publique. Ce sont plusieurs participants qui prennent part à ces travaux, parmi lesquels des membres du Gouvernement, des responsables d’institutions constitutionnelles, des dirigeants d’Autorités administratives indépendantes, des secrétaires généraux, des directeurs de cabinet, des conseillers juridiques, des experts ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Au cœur des échanges figure la volonté de bâtir une organisation institutionnelle plus cohérente, reposant sur une délimitation plus précise des responsabilités. La circulaire présidentielle du 8 mai 2025 avait déjà posé les fondements d’une architecture exécutive articulée autour de la Présidence de la République comme centre stratégique, du vice-président du gouvernement comme instance de coordination, du Secrétariat général de la Présidence pour la discipline administrative et des départements ministériels pour l’exécution des politiques publiques.

Le séminaire doit ainsi permettre d’aller plus loin dans la traduction opérationnelle de ces orientations. Il s’agit, notamment, de clarifier les périmètres de compétence, de supprimer les redondances institutionnelles, de raccourcir les circuits de décision et de renforcer la sécurité juridique de l’action administrative.

Cette recherche de rationalisation répond également à une exigence de redevabilité. Le dispositif gouvernemental défini en mai 2025 prévoit en effet une culture du suivi et de l’évaluation de l’action publique, fondée notamment sur des tableaux de bord, des rapports réguliers et des mécanismes d’évaluation.

Ouvrant les travaux, Hermann Immongault a souligné que l’ambition poursuivie dépasse une simple réorganisation des structures administratives. Et que l’objectif du séminaire est de rendre l’administration non seulement lisible, mais également intelligible, efficace, mais aussi digne de la confiance que les Gabonais placent en leurs institutions.

Selon le vice-président du gouvernement, cette démarche trouve son fondement dans le programme de société du chef de l’État et procède d’une conception de l’État fondée sur une meilleure articulation des pouvoirs, une définition rigoureuse des domaines de compétence et la consolidation de la sécurité juridique.

Il a, par ailleurs, insisté sur le fait que l’enjeu n’est pas de concevoir une administration pour elle-même, mais de construire un appareil d’État à la mesure des ambitions affichées par la Ve République et des attentes exprimées par les citoyens.

Cette orientation s’inscrit dans la logique de la circulaire présidentielle du 8 mai 2025, qui place notamment l’efficacité, la célérité, le professionnalisme, la discipline et la redevabilité au rang des principes directeurs de l’action gouvernementale.

Pour le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, les deux journées de réflexion doivent permettre d’instaurer une dynamique collective susceptible de transformer les orientations institutionnelles en mesures concrètes.

Le séminaire est structuré autour de communications thématiques, de panels, de travaux en groupes et de restitutions en plénière. Cette méthode participative doit favoriser la confrontation des expertises et l’émergence de propositions adaptées aux réalités administratives et institutionnelles du pays.

Les participants sont notamment appelés à dresser un bilan du fonctionnement des institutions après une année de mise en œuvre de la nouvelle architecture constitutionnelle, à examiner la répartition actuelle des compétences et à identifier les mécanismes susceptibles d’être rationalisés.

Au terme des travaux, des recommandations opérationnelles et hiérarchisées sont attendues, de même que des propositions relatives à la rationalisation des structures et des compétences. Des mesures prioritaires à court, moyen et long termes devraient également être dégagées, avec, en perspective, l’élaboration d’un rapport final et d’un plan d’action indicatif.

À travers cette initiative, le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions entend ainsi faire de la simplification institutionnelle un levier d’amélioration de l’action publique. L’objectif affiché est de parvenir à un État dont l’organisation soit plus lisible, les responsabilités mieux définies et les procédures davantage orientées vers l’efficacité du service rendu aux citoyens.

La réforme de l’architecture institutionnelle apparaît ainsi comme l’un des chantiers destinés à donner une traduction concrète aux principes de rationalisation, de coordination et de redevabilité inscrits dans le nouveau cadre de gouvernance de la Ve République.

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