Gabon/Remaniement surprise : Oligui Nguema réorganise son gouvernement
Par Cadette Ondo Eyi
Moins de dix mois après la formation de la précédente équipe, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris de court la classe politique en opérant un remaniement ministériel surprise. Le nouveau gouvernement, officiellement dévoilé, compte désormais 32 membres et dessine les contours d’une nouvelle dynamique politique.
Ce réajustement se traduit par le départ de cinq ministres et l’entrée de huit nouvelles personnalités. Le changement le plus marquant est sans doute le limogeage de Camélia Ntoutoume-Leclercq. Figure centrale de l’Éducation nationale depuis six ans, elle cède son fauteuil à Jacqueline Ilogue, qui quitte ainsi le ministère du Travail pour reprendre ce portefeuille hautement stratégique. François Ndong Obiang et Armande Longo font également partie des ministres sortants.
Pour insuffler un nouveau souffle, le numéro Un gabonais a choisi d’intégrer des profils parlementaires. Deux sénateurs font ainsi leur entrée au palais de l’Estuaire : Raïssa Nana Ghogho, nommée aux Affaires sociales, et Georges Christian Waza, qui prend la tête du ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue.
La communication gouvernementale change elle aussi de visage. Emmanuel Eyeghe Nze est nommé ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, et hérite par la même occasion de la lourde tâche de porte-parole du gouvernement.
Malgré ce grand chambardement, Brice Clotaire Oligui Nguema a fait le choix de la stabilité pour les secteurs névralgiques du pays. Les ministres régaliens conservent la confiance du président : Brigitte Onkanowa reste à la Défense nationale, Thierry Minko garde le cap à l’Économie et aux Finances, tandis que Clotaire Kondja et Ulrich Manfoumbi Manfoumbi demeurent respectivement au Pétrole et aux Transports.
Ce remaniement intervient en parallèle d’un signal fort envoyé aux partenaires internationaux : l’approbation de la création d’une commission nationale pour la révision des conventions économiques. Cette entité aura pour mission d’auditer et de renégocier les contrats d’exploitation des ressources naturelles (notamment le pétrole, le bois et le manganèse) afin de garantir des retombées plus équitables pour le peuple gabonais.
Pour de nombreux observateurs à Libreville, ce réajustement technique pourrait n’être qu’un premier pas. Beaucoup y voient le prélude d’une restructuration encore plus profonde de l’exécutif d’ici la fin de l’année, qui pourrait se cristalliser dans la foulée du congrès de l’Union pour la Démocratie et le Bâtiment (UDB), le parti présidentiel, prévu en novembre prochain.



Laisser un commentaire