Pétrole et gaz : à Port-Gentil, Oligui Nguema mise sur la formation des Gabonais pour renforcer la souveraineté économique
Par Stive Roméo Makanga
À l’Institut du Pétrole et du Gaz de Port-Gentil, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé, mercredi 24 septembre 2026, sa volonté de placer la formation des compétences nationales au cœur du développement des secteurs pétrolier, gazier et énergétique. Une orientation qui vise notamment à rapprocher les cursus de formation des besoins des entreprises et à préparer davantage de techniciens et d’ingénieurs gabonais aux métiers de l’industrie.
Une vue des protagonistes
Port-Gentil, principal bassin pétrolier du Gabon, constitue un terrain symbolique pour porter un tel message. En visitant l’Institut du Pétrole et du Gaz (IPG), le chef de l’État a voulu mettre l’accent sur un autre versant de la souveraineté économique : celui du capital humain.
vue des installations
Au cours de cette visite, Brice Clotaire Oligui Nguema a pris connaissance du contenu des enseignements proposés par l’établissement ainsi que des perspectives envisagées pour renforcer et diversifier son offre de formation. Selon la Communication présidentielle, l’objectif est d’adapter davantage les cursus aux besoins des entreprises opérant dans les secteurs pétrolier, gazier et énergétique.
Former les compétences dont l’économie a besoin
L’enjeu dépasse la seule exploitation des hydrocarbures. Pour les autorités, la valorisation des ressources naturelles du pays suppose de disposer de compétences nationales capables d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne : exploitation, transformation, maintenance et gestion des infrastructures.
Une autre vue des installations
Dans cette perspective, le renforcement de l’IPG doit permettre aux jeunes Gabonais, particulièrement à ceux issus des filières scientifiques, de suivre sur le territoire national des formations professionnalisantes conduisant aux métiers de technicien, technicien supérieur ou ingénieur.

Le pouvoir exécutif souhaite ainsi encourager les nouveaux bacheliers à considérer davantage les filières scientifiques et techniques comme des débouchés professionnels correspondant aux besoins de l’économie nationale.
Cette orientation prend une dimension particulière à Port-Gentil. Capitale économique historiquement liée à l’industrie pétrolière, la ville est appelée, selon la présidence, à accueillir de nouvelles infrastructures industrielles et énergétiques. Leur fonctionnement nécessitera une main-d’œuvre spécialisée, notamment pour l’exploitation et la maintenance des équipements.
Anticiper les besoins de l’industrie
La modernisation des installations existantes et le développement de nouvelles capacités énergétiques, notamment thermiques, posent en effet la question de la disponibilité des compétences locales.
À travers le développement de formations spécialisées au Gabon, l’exécutif entend également réduire progressivement le recours aux cursus suivis à l’étranger. Les économies ainsi réalisées pourraient, selon la Communication présidentielle, être réorientées vers la modernisation des établissements nationaux, l’acquisition d’équipements et le renforcement de leurs capacités pédagogiques.
L’approche défendue repose donc sur un cercle que les autorités veulent rendre vertueux : former davantage au Gabon, renforcer les établissements gabonais et permettre aux jeunes diplômés d’accéder plus directement aux emplois générés par les investissements industriels.
Du pétrole gabonais aux compétences gabonaises
Au-delà de la question de l’employabilité, la visite présidentielle remet au centre du débat la capacité du Gabon à tirer davantage profit de ses ressources naturelles. Posséder d’importantes réserves pétrolières et gazières constitue un avantage économique, mais leur valorisation dépend également de la maîtrise des savoir-faire techniques nécessaires à leur exploitation.
Le message porté à Port-Gentil consiste ainsi à faire du capital humain l’un des leviers de la transformation industrielle du pays. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la souveraineté économique ne saurait se limiter à la possession ou à l’exploitation des ressources : elle passe également par la capacité du pays à former les femmes et les hommes appelés à faire fonctionner ses industries.
La visite de l’Institut du Pétrole et du Gaz traduit, à cet égard, une ambition de long terme : préparer aujourd’hui une génération de techniciens et d’ingénieurs gabonais susceptible de prendre une place croissante dans les infrastructures pétrolières, gazières et énergétiques de demain.



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