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Sénégal : Bassirou Diomaye Faye tourne le dos au Pastef et lance son propre parti

Par Stive Roméo Makanga

Au Sénégal, le divorce politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko semble désormais consommé. Selon RFI, le président sénégalais a annoncé, vendredi 3 juillet, la création prochaine de son propre parti politique, lors d’une rencontre organisée au Palais de la République avec plus de 300 maires issus de sa coalition.

Cette annonce marque un tournant majeur dans la vie politique sénégalaise. Élu en 2024 sous la bannière de la dynamique portée par Pastef, Bassirou Diomaye Faye entend désormais disposer de son propre appareil politique. Ce choix intervient après plusieurs mois de tensions avec Ousmane Sonko, son ancien allié, dont l’influence demeure forte au sein du parti et d’une partie de l’opinion.

La décision du chef de l’État intervient dans un contexte institutionnel particulièrement sensible. Les députés sénégalais viennent en effet d’adopter une réforme constitutionnelle controversée visant notamment à encadrer davantage les pouvoirs présidentiels et à renforcer le rôle du Parlement. Cette réforme prévoit également de séparer les fonctions de chef de l’État et de dirigeant de parti politique, ce qui pourrait directement affecter les ambitions partisanes du président.

Derrière cette initiative, c’est donc une nouvelle recomposition du pouvoir qui se dessine à Dakar. Bassirou Diomaye Faye semble vouloir s’affranchir progressivement de la tutelle politique de Pastef afin de construire une majorité qui lui soit directement fidèle. Pour ses partisans, cette démarche vise à clarifier les responsabilités et à donner au président les moyens politiques de conduire son action. Pour ses détracteurs, elle confirme au contraire l’éclatement du bloc qui avait porté l’alternance au pouvoir.

La rupture avec Ousmane Sonko, engagée depuis plusieurs mois, avait déjà pris une dimension spectaculaire après le limogeage de ce dernier de la Primature, sur fond de divergences croissantes au sommet de l’État.

Au-delà de la création d’un parti présidentiel, c’est l’équilibre même du pouvoir sénégalais qui se trouve désormais en jeu. Le Sénégal, longtemps cité comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, entre dans une séquence politique incertaine, où la rivalité entre deux anciens alliés pourrait redessiner durablement le paysage politique national.

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