Présence militaire française : Paris réduit progressivement son dispositif en Afrique
Par Stive Roméo Makanga
La présence militaire française en Afrique connaît une profonde transformation. Selon un rapport récent sur la présence militaire française dans le monde, relayé par de nombreux médias, Paris a engagé depuis 2024 une importante refonte de sa cartographie militaire, fortement marquée par un retrait progressif du continent africain.
Ainsi, contrairement au discours selon lequel la France conserverait une présence militaire importante à travers l’Afrique, de nombreuses sources soulignent que cette présence est désormais devenue très marginale et devrait continuer à diminuer dans les prochaines années.
Il faut dire que cette évolution s’inscrit dans une réforme engagée en 2024. Selon toute concordances, l’objectif affiché par Paris est notamment de réduire progressivement et profondément son dispositif militaire en Afrique, dans un contexte marqué par la montée du sentiment anti-français et par les campagnes de désinformation.
Au Sénégal, par exemple, les dernières installations françaises de Dakar, notamment le camp Geille, ont été restituées aux forces sénégalaises. Cette décision marque la fin des Éléments Français au Sénégal, avec l’absence désormais de soldats français dans une base permanente sur le territoire sénégalais.
En Côte d’Ivoire, le mouvement s’est également traduit par la rétrocession du camp de Port-Bouët, à Abidjan, aux autorités ivoiriennes. Cependant, un détachement de liaison, présenté comme très réduit et sans capacité opérationnelle, demeure sur place.
Le Tchad constitue un autre volet important de ce retrait. Les forces françaises ont libéré plusieurs emprises majeures, parmi lesquelles la base de Faya-Largeau, dans le nord du pays. Pour sûr, cette évolution intervient après une demande de N’Djamena à laquelle Paris a répondu en procédant au retrait de ses forces.
Au Gabon, le dispositif français a, pour sa part, changé de nature. Le camp de Libreville n’est plus présenté comme une base française, mais comme un centre de formation militaire partagé et cogéré avec l’armée gabonaise. Le modèle évolue ainsi d’une logique de présence militaire à une logique de partenariat et de formation.
Djibouti constitue toutefois une exception dans cette nouvelle configuration. Le pays accueille toujours une importante base militaire française, avec environ 1 500 hommes. Selon de nombreuses sources consultées par nos soins, son maintien s’explique avant tout par la position stratégique de Djibouti, située à l’entrée de la mer Rouge, plutôt que par une volonté de maintenir une présence militaire française sur le continent africain.
Dès lors, ce retrait progressif soulève une question sur l’évolution de la coopération militaire entre la France et les pays africains. Il faut croire que Paris a choisi de répondre à la montée du sentiment anti-français en réduisant son empreinte militaire sur le continent.
Cependant, le retrait français ne signifie pas nécessairement la disparition des influences extérieures dans les pays concernés. Selon toutes concordances, d’autres acteurs, notamment russes, turcs et chinois, cherchent à occuper l’espace laissé par le départ français, avec des modèles de coopération souvent moins transparents.
Dans ce contexte, le Gabon est souvent présenté comme une illustration d’un possible nouveau modèle de coopération militaire franco-africaine. La transformation de l’ancienne base de Libreville en académie partagée et cogérée repose davantage sur la formation et la coopération que sur une présence militaire permanente.
Ainsi, en quelques années, la carte de la présence militaire française en Afrique a profondément évolué. Le retrait du Sénégal, la rétrocession du dispositif ivoirien, le départ du Tchad et la transformation du dispositif gabonais traduisent un changement de modèle.
En définitive, l’Afrique n’apparaît plus comme le principal espace de déploiement militaire français. La France privilégie désormais une présence réduite et des formes de coopération davantage axées sur le partenariat et la formation, tandis que son dispositif militaire se réorganise à l’échelle mondiale.



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